L’effondrement du communisme…La Disparition du modèle soviétique

III. Les transformations structurelles difficiles, inachevées en 2000

C. Les deux première années du règne de Poutine : avènement d’une nouvelle Russie ?
1. Renaissance de l’économie russe avec l’avènement de Poutine ? Une nouvelle ère, un nouveau « règne »?
  • Démission théâtrale de B.Elstine le 31/12/1999 symbolisent la fin d’une époque et le début d’une ère nouvelle
  • V.Poutine est issu du FSB (ex KGB), administration peu démocratique
  • Pourtant son élection se fait dès le premier tour avec 52,9% des voix (mars 2000), alors qu’il était un parfait inconnu huit mois auparavant, avant de remplacer Stepachine au poste de Premier ministre en août 1999
  • En pratique, ce qu’on appelle l’État dans la Russie nouvelle est un réseau fondé sur des relations personnelles beaucoup plus qu’institutionnelles, où le droit et l’idéologie occupent une place minime
  • La priorité de Poutine est d’établir un État qui fonctionne, en rééquilibrant les relations du Kremlin avec les chefs des différents sujets de la Fédération, et en cassant l’oligarchie capitaliste qui s’était formée sous Eltsine
  • Poutine s’efforce de séparer la sphère politique du monde des affaires privées (les oligarques), d’assainir une vie politique opaque, encombrée de luttes de clans, de compromissions et d’intrigues de palais depuis l’époque eltsinienne (comme à la grande époque des Boyards et d’Ivan le Terrible, qui le premier établit un État russe)
  • arrestation puis libération conditionnelle en juin 2000 de Vladimir Goussinsky, magnat d’une presse indépendante, actionnaire de très nombreux groupes industriels et chef du Congrès juif russe
  • démission du millionnaire Boris Brezovsky de sa fonction de député (juillet 2000)
  • La lutte contre le pouvoir excessif des oligarques et des mafias inscrite au programme de V.Poutine obtient l’adhésion d’une grande partie de la population
2. Vers la reprise économique … après la crise et les premières réformes

la situation économique (et sociale et démographique)est grave

hausse des taux de mortalité et recul de l’espérance de vie : la pays est menacé par la baisse démographique.

61% de l’alcool consommé est produit illégalement

1996-1998 le nombre de crimes a pratiquement multiplié par deux (109 000 à 190 000)

Les exemptions douanières font perdre à l’État 5 à 6 MIL de roubles /an.

Selon le FSB 80% des groupes criminels (mafias) ont des connexions avec les hauts fonctionnaires

Bon climat d’investissement et d’importantes réformes structurelles, permet à l’économie russe de confirmer le redressement qui s’était amorcé depuis la dévaluation du rouble en 1998.

En 2000 , les indicateurs économiques s’améliorent :

  • la production industrielle connaît un rythme de croissance de 10 à 11%, et en mai 2000, elle retrouve son niveau du printemps 1994
  • les exportations sont en forte progression et permettent de dégager des gains importants. Le gouvernement peut relâcher la contrainte de l’endettement
  • le PIB est en augmentation de 8,4% à la fin du premier semestre
  • la hausse des prix du pétrole a néanmoins permis de dégager d’importantes ressources, la balance des paiements courants grâce aux exportations de gaz et de pétrole connaît un excédent record
  • la progression des recettes fiscales a contribué à la résorption des déficits budgétaires fédéraux et à l’apparition d’un excédent
  • l’investissement n’ a en fait progressé que de 0,3% en termes réels au premier trimestre 2000, tiré davantage par l’entretien de l’outil de production que sur la mise en place de nouvelles capacités
  • l’inflation : 9,5% au premier semestre 2000 est très inférieure au niveau de 1999 (près de 120%), prévision de 18% sur l’année
  • revenus monétaires et confiance de la population sont en hausse (+ 7% dans les deux cas)

Aspects politiques et administratifs :

Aidé par une Douma beaucoup plus docile que sous Eltsine

  • réforme parlementaire pour modifier la composition de la Chambre haute, interdisant aux gouverneurs de siéger au de la Fédération, les privant ainsi de l’immunité parlementaire. Ils obtiennent en contrepartie un pouvoir de contrôle plus fort sur les maires des villes de leur territoire
  • réforme administrative

Création de sept districts nouveaux (décret du 13 mai 2000) regroupant les 89 régions procède de cette volonté de recentralisation des pouvoirs. A leur tête, les polpredy, qui nommés par le pouvoir central, relèvent du Conseil de sécurité et ont pour tâche de veiller à ce que les décisions fédérales soient respectées dans les régions, notamment en matière de sécurité et d’utilisation des moyens financiers alloués par le centre.

Cette réforme administrative, vaste remise en ordre institutionnelle impopulaire auprès des régions qui bénéficiaient d’une très large autonomie, vise à uniformiser les compétences régionales et des situations institutionnelles extrêmement disparates, chaque région ayant pris l’habitude de régler bilatéralement ses problèmes avec Moscou.

Le ministère de la Justice estime que 25 à 35% des lois régionales ne sont pas conformes aux lois fédérales et/ou à la constitution du pays

Réforme fiscale votée en juillet 2000 : importante simplification fiscale et remplace un impôt sur le revenu très progressif et dissuasif par une sorte de flat tax à un taux uniforme de 13%.

Le but est de réduire la fraude et de pousser les entrepreneurs à investir dans l’économie nationale

Cependant l’embellie semble fragile et marquer le pas dès la fin 2000

L’environnement du pays n’est pas encore stabilisé :

  • guerre en Tchétchénie
  • fragilité institutionnelle
  • absence de transparence juridique et lourdeur de la bureaucratie
  • l’inflation est à peu près maîtrisée, mais reste élevée : ce qui conduit à une appréciation du rouble qui peu à peu pénalise les entreprises
  • la Russie subit l’impact de l’exploitation des ressources naturelles sur l’ensemble des coûts dans l’économie
  • la faiblesse des investissements étrangers : les entrées d’IDE demeurent faibles
3. La crise économique de 1998 semble effacée : embellie continue en 2001

Résultats en 2001 :

  • la hausse du PIB est de 5,5%
  • la croissance de la production industrielle de 3,8%
  • le rouble demeure relativement stabilisé
  • les réserves de change atteignent un niveau sans précédent de plus de 38,12 MIL €(soit l’équivalent de six mois d’importations de biens et de services) alors qu’elles se montaient à 14,02 MIL € au début de 2000
  • Abondance de liquidités et l’augmentation des tarifs publics favorisent une poussée inflationniste. L’inflation prévue autour de 14% pour 2001 a été révisée à la hausse 18 à 20%
  • En octobre 2001, la Russie se dote enfin d’un code foncier qui autorise la vente de la terre
  • Janvier 2001, la Russie réclame une restructuration de sa dette au Club de Paris (dette héritée de l’ex URSS) puis se résout à rembourser la totalité des sommes dues en 2001

Les grands monopoles tardent à être restructurés.

Première source de devises du pays, Gazprom contribue à lui seul à 8% du PIB russe et 25% du budget de l’État : il possède sa propre banque, des centaines d’exploitations agricoles et plusieurs hôpitaux réputés.

En cours de privatisation (5% dès 1997) l’entreprise réalise l’essentiel de son business en faisant du troc.

En fait, les grandes orientations du géant du gaz (1er RM pour la production de gaz et 1ère entreprise russe avec 17,94 MMds € de CA et 300 000 employés) demeurent du ressort de l’oligarque Rem Viakhirev, qui a conservé son siège de président du conseil des directeurs et a maintenu intact ses réseaux au sein de l’entreprise.

Gazprom, détenue à 38% par l’État est loin d’avoir entamé sa restructuration en 2001

Le secteur bancaire qui n’est pas restructuré en 2001 : il souffre toujours de sa très faible capitalisation.

Les IDE demeurent faibles. L’économie reste considérée comme un secteur à haut risque par les investisseurs étrangers.

La fuite des capitaux « va bon train « : 2,24 MIL € quittent chaque mois la Russie

Faiblesses en 2001 : L’économie reste peu intégrée au système mondial mais la Russie espère son adhésion à l’OMC pour 2003. PIB de 257,8 MIL € est l’équivalent de celui de l’état de Géorgie aux USA. L’économie informelle représente encore 40% du PIB

Les relations économiques de marché sont encore peu développées :

  • non paiement des impôts
  • fuite des capitaux
  • système de protection sociale extrêmement faible
  • système bancaire inadéquat
  • économie informelle très développée
  • corruption

35% de la population russe vit en dessous du seuil de pauvreté et le fossé se creuse entre les régions.

2è guerre en Tchétchénie depuis 1999 qui affecte toute la région du nord du Caucase.

Le Kremlin s’est empressé de promouvoir ses nouveaux favoris (Piotr Aven du groupe Alpha, le pétrolier Roman Abramovitch et le magnat de l’aluminium Oleg Derispaska) perpétuant le système Eltsine d’une économie de prédation où politique et business sont indissociables. Poutine n’a de cesse que de caser ses camarades de l’ex-KGB devenu le FSB.

Suite de la fiche L’effondrement du communisme (4/4)

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