Plan de la fiche:

I. La reprise des pratiques staliniennes en URSS et l’extension internationale du modèle déterminent la formation d’un bloc après 1945

II. L’impossible passage à un nouveau type de croissance : l’échec de la réforme khroutchevienne

III. La stagnation brejnevienne consacre la faillite du modèle de croissance soviétique

La croissance du monde socialiste : URSS et pays du CAEM

II. L’impossible passage à un nouveau type de croissance : l’échec de la réforme khroutchevienne

A. La réforme s’impose à la fin de l’ère stalinienne

Un contexte géopolitique, politique, économique et social qui nécessite une réforme

  • Absence de successeur désigné. Khroutchev est le Premier secrétaire, Malenkov est chef du gouvernement, Molotov aux Affaires Etrangères…
  • Mécontentements sociaux éclatent après mort Staline : grèves, manifestations.
  • Armistice Corée juillet 1953
  • Réorientation de la croissance vers biens de conso plutôt que militaro-industriels nécessite relations pacifiées avec le camp occidental

Les réformes économiques visent à une croissance plus intensive

  • Agriculture = priorité de Khroutchev. Mise en valeur des terres vierges (Sibérie, Kazakhstan)
  • Regroupement des kolkhozes pour améliorer prod° globale
  • Suppression des MTS pour plus d’autonomie
  • Réorientation partielle des investissements vers les biens de conso et la construct° de logements.
  • VIIè plan : 1959, plan septennal
  • 1957 : création de 150 sovnarkhozes, conseils économiques régionaux. Décentraliser les décisions mais maintien de la planification impérative
  • But : rattrapage des USA dès 1970

Les réformes sont indissociables d’un dégel politique et social

  • Vagues de libération des camps et amnisties dès 1953
  • 1956 : XXè Congrès du PCUS et rapport secret…
  • Semaine de travail réduite à 40h, baisse âge retraite, livret de travail aboli, salaires des pensions augmentés… La censure est relâchée. (Soljenitsyne).
  • XXè Congrès rompt avec Jdanov :
    • affirmation d’une coexistence pacifique entre les 2 blocs
    • reconnaissance du rôle du 1/3 Monde
    • droit pr pays de l’Est de choisir propre voie vers socialisme
B. L’échec des réformes est manifeste en termes de croissance et de développement et entraîne ainsi la chute de Khroutchev

Un échec dû aux improvisations

  • Bilan agricole catastrophique. URSS achète blé aux USA et Canada pour la 1ère fois en 1963
  • Répression des manifestations dans le sang
  • Culture extensive = échec sur les terres vierges à cause fragilité du sol et manque d’engrais
  • Résultats industriels moyens : taux de croissance divisé par 2 entre 1955 et 1962
  • Mais Spoutnik en 1957, puis Gagarine en 1961. Retard technologique perdure…

L’absence de remise en cause des structures de la planification est plus décisive

  • Sovnarkhozes privilégient les intérêts locaux et sont peu coordonnés entre eux. Dès 1963, réduction de moitié de leur nombre
  • générale de la prod° mise sur la quantité, les chiffres, plutôt que la qualité
  • Insuffisante autonomie des directeurs et faible motivation travailleurs

Echec aussi politique

  • Dégel culturel limité voire remis en cause : 1958 Boris Pasternak n’est pas autorisé à quitter l’URSS pour recevoir sont Prix Nobel
  • XX et XXIIè Congrès remettent involontairement en cause la légitimité du régime. Lieux portant le nom de Staline sont débaptisés
  • Echecs géopolitiques : rupture avec Chine de Mao (1960), reculade de Cuba lors de la crise des fusées en 1962
  • Nomenklatura mécontente de la réorientation industrielle de la prod°
  • Renversement de Khroutchev par Leonid Brejnev en 1964
C. Le bloc socialiste est fragilisé par les échecs économiques et par la déstalinisation

Des facteurs de crise autant économiques que politiques

  • Flambées de révolte après mort de Staline : Tchécoslovaquie, RDA. Frustrations sociales
  • Nagy, imposé par Malenkov comme chef du gouvernement hongrois en 1953 à la place de Rakosi, est écarté en 1955 au moment de la disgrâce de son protecteur à Moscou
  • Voyage de Khroutchev à Belgrade en 1955 : reconnaissance de la sécession yougoslave ?

Des crises se terminant par des reprises en main mais affectant la solidité du bloc

  • 1956 : Pologne. Gomulka, écarté du pouvoir en 1951, est rappelé après émeutes de Poznan. Négocie arrêt de la collectivisation et tolérance envers l’Eglise catholique mais maintien de l’adhésion au pacte de Varsovie (crée en 1955)
  • Hongrie : Nagy annonce retour au multipartisme et sortie du Pacte de Varsovie : intervention militaire à Budapest

Un CAEM qui peine à jouer un rôle intégrateur susceptible de favoriser une croissance mutuelle

  • Refus de spécialisation agricole en Roumanie en 1962
  • 1961 : l’Albanie se retire du CAEM
  • Yougoslavie reste à l’écart et dvp stratégie d’autogestion ouvrière contrôlée par le parti communiste
  • 1962 : adhésion de la Mongolie

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