Corrigé : La représentation s’oppose-t-elle à l’action ?

La problématique est assez simple à dégager ici, puisque les deux termes, représentation et action, semblent s’opposer, presque par définition.

Le sujet est très semblable à « action contre réflexion » ou, plus nettement encore, « réel contre image, i.e. contre Idée ».

Donc, il faut lui appliquer le traitement platonicien.

Une opposition essentiellement humaine

L’homme ne peut agir et se représenter son action : de manière évidente, il ne peut présenter une action, tout en la re-présentant, même à lui-même…

On peut penser à la réflexion de Vergely sur la souffrance : lorsque l’on souffre, on ne pense pas, et encore moins pense-t-on cette souffrance.

Et inversement, lorsque l’on pense, c’est que l’on peut « tout entier » penser, donc libre de cette souffrance. C’est un peu l’idée à développer ici.

L’homme tend à les opposer, de lui-même: aux sages le domaine des cieux de la contemplation, au commun des mortels celui du réel, triste représentation dégradée du premier.

Ces deux s’excluent mutuellement. En d’autres termes, il est temps de mettre à profit ses vieux cours de sur la Caverne !

Ceci tient en fait à la nature de la représentation : toute représentation est humaine, puisqu’elle implique, de quelque nature que soit cette représentation, une image du réel.

Or toute image renvoie à une conscience, à une conscience de (cf Sartre, L’imagination). La représentation n’évolue pas dans le monde de l’action (le réel), mais dans celui de la conscience de ce réel. La conscience, en effet, n’est pas action, mais est plutôt semblable à une sorte d’intuition, d’évidence, de mouvement naturel.

La représentation fait “at-tention” (ad tension, tension vers) à l’action

Il serait en effet bien illusoire de vouloir séparer ces deux mondes aussi radicalement. Toute représentation est représentation de quelque chose, du réel.

La passerelle est faite. Il n’y a pas d’opposition stricte, mais implication : l’action prépare un nouveau réel, donc une nouvelle représentation.

Puisque la représentation est représentation du réel, elle y fait attention, dans une double acception :

– elle s’y intéresse, pour le représenter.

– elle tend vers lui, de manière à le représenter au mieux.

Le bateau par excellence: sans représentation, pas d’action, car pas de préparation à l’action.

La représentation est une action

suspensive (i.e. qu’elle objective le réel).

imageante, ou réflexive.

créatrice (art, voire élections …)

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