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L'ecole fait les élèves ou les élèves font l'école?

Messagepar Flat_Eric » 23/07/2004 18:46

Premiere remarque: si je ne dis pas de betises (comptons sur RSM, notre nouveau Me Cappello pour me corriger le cas echeant :D) HEC a un classement a la sortie, comme l'X. De fait, la notion de classement de sortie existe.

Ensuite, sur la notion de prestige, stage et tout ca: plusieurs cas de figures:
x Certaines boites, creees par des HECs / X pour des HEC / X, ne recrutent que parmi leurs anciennes ecoles. Bain & Co, le BCG, JPMorgan et quelques -rares- autres (cabinets de conseil en strat confidentiels etc...). Ca leur permet de justifier les tarifs journaliers aux clients ("Ah mais vous comprenez, Guillaume est un jeune Polytechnicien..."). Allez dans un diner de juniors dans l'une d'entre elle: l'endogamie intellectuelle y est absolument insupportable. Apres, on aime l'ambiance fin de races ou pas, il y a des gens a qui ca plait.

x Deuxio, la majorite des boites de ce que j'appelle: "entreprises de la plaquette": les groupes, grands ou moyens, qui se nourrissent d'eleves d'ESC. Pour celle la, c'est une question de statistiques, tout betement. il y a 3/4 ecoles dans le groupe 1, et une entreprise prend un quota de tant par an. Pour un quota equivalent dans le groupe 2, le nombre d'ecole est 1.5 a 2 fois plus important. Etc pour le groupe 3... La competition vient du nombre de candidatures pour un groupe donne, c'est aussi simple que ca. Et comme, dans la majorite des cas, les candidats n'ont que rarement une experience professionnelle qui soit directement applicable au metier, la RH se range au bon vieux classement darwinien du concours passe 3 ans avant. Etant donne que la structure cerebrale est stable pour un etre humain depuis l'age de 17 ans, on peut supposer que, statistiquement, une selection sur le QI utilisant un test vieux de 3 ans reste relativement bonne.

Maintenant, je vais elargir un peu parce que, a mon avis, le sujet est ailleurs. Jusqu'ici, la grosse partie du debat est oriente savoir (QI) et savoir faire (competences acquises pendant les stages). J'ai relativement tendance a etre en desaccord avec cette idee, pour privilegier une version emotionnelle du recrutement.

En clair: les jeunes diplomes sont, dans une certaine mesure, plus recrutes par rapport a leur capacite a se fondre dans une culture d'entreprise que pour leurs competences, ce qui est normal puisque, d'un point de vue professionnel, ils sont plus potentiels que realises lorsqu'ils arrivent sur le marche de l'emploi apres leur diplome.

Poussons plus loin la theorie: j'affirme que la capacite a integrer une ecole a plus a faire avec la capacite a integrer, faire sien/ne et recurgiter un corpus de connaissance etabli qu'avec la capacite a reflechir ou innover.

Consequence de cette assertion: en prepa HEC, l'habit fait le moine. En terme de preparation, ca veut dire: achetez vous des lunettes en ecailles, portez une veste en cashmeere et des Bowen. Ca marche.

Consequence 2: ma relecture d'un stage en audit, conseil ou banque d'affaires sur un CV est qu'il demontre la capacite d'une personne a s'adapter a un mode de travail et un rythme profondement anti-naturels pour l'etre humain (pour ceux qui n'ont pas compris: une vie de con). Je deduis: sujet malleable, flexible, bonne chair a travail. Peu importe sa capacite a auditer, qui n'est pas le sujet ici et qu'un stagiaire en Big 4 ne touche pas du doigt. J'ai un materiau neutre et elastique, non un outil directement applicable. C'est, essentiellement, ce que les entreprises recherchent chez les diplomes.

Pour qui se ramenera avec l'exemple du chevelu joueur de guitare, je sortirai mes cartes "anti-heros" et BoBo, renvoyant le contradicteur aux trajectoires des Cohn Bendit, Kouchner et autres BHL, hier encore revolutionnaires et changeurs de mondes, aujourdh'ui abonnes aux diners de ministeres et ne payant pas l'ISF grace au fiscaliste qu'ils ont embauche pour gerer leur fortune vite faite et pas forcement bien faite.

Et, pour finir avec le debat entame sans trop digresser: le diplome, c'est la difference entre etre recu et ne pas etre recu, si l'on n'a pas trop d'idee sur ce que l'on a envie de faire. Pour le reste, il n'y a qu'une chose que je regarde vraiment en detail quand je vois une candidature, et je suis loin d'etre le seul: la passion et la capacite a apprendre qui l'accompagne, par opposition au pantoufflage sur un diplome pretendument valable sine die. Qualite rare, mais qui fait la difference des qu'on la rencontre.

En plus, imho, ca doit payer vachement plus en terme de satisfaction personnelle. Comme je l'ai ecrit en tete de mon CV pendant pas mal d'annees: "l'homme qui a reussi est celui qu'on paie pour ce qu'il aime faire." Peu importe combien, du moment que ca suffit pour vivre...

Cherchez, fouinez, essayez. Ne faites pas seulement des stages parce qu'il faut. C'est par un processus d'essai / erreur qu'on finit par trouver ce qui interesse.

Vous connaissez la vanne: "Les hommes / femmes, c'est comme les lessives: il faut en essayer 1000 avant de trouver le/a bon/ne. Cela vaut pour le taff aussi.

FE
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