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Comment être exceptionnel dans la banalité d'une dessert ?

Comment être exceptionnel dans la banalité d'une dessert ?

Messagepar datazero » 06/01/2016 21:30

Bonjour, je vous pose aujourd'hui une question qui me taraude même si elle peut paraitre bizarre voire stupide. (je suis en 1A prépa ECE)

Quel est le véritable niveau des concours ? Je sais bien évidemment qu'il est très élevé, mais je veux dire : qu'est-ce qui fait la différence ?
Je vais prendre l'exemple de l'ESH : l'écrit est une rédaction de deux copies doubles. Il faut faire idéalement 2 ou 3 paragraphes, avec 9 idées dans chacun de ces paragraphes (3 par partie). Où est la difficulté ? Suffit-il d'avoir les connaissances ? Il "suffit" d'avoir le plan et d'appliquer la couche de connaissances dessus, précisément n'est-ce-pas ? Sur les 10 000 préparationnaires, le nombre d'excellentes copies doit être énorme, et elles doivent toutes se ressembler ! Comment faire la différence ? Encore une fois, où est la difficulté ? Dans la méthode ou l'acquisition des connaissances ?
De même pour l'oral par la suite : il s'agit ni plus ni moins d'une kholle où les connaissances sont essentielles. Savoir par coeur 2 ans de son cours pour savoir tout dire et bien l'agencer, c'est ça la solution ? Surtout que 10 minutes, ça passe tellement vite ! il faut tout savoir pour pouvoir affronter tous les sujets mais ensuite traiter le sujet semble relativement aisé vu la rapidité du passage, non ?

Les maths je vois parfaitement la difficulté cependant, pas de problème pour ça puisqu'ici c'est vraiment l'entrainement, la méthode, les idées qui font la différence pas de souci.
La culture générale par contre, même problème : avoir des références bétons, et après réfléchir efficacement sur la question avec du bon sens ? Est-ce si simple que ça ?

Attention, je ne dis pas que les matières en prépa, au contraire je les trouve très complexes. Je me pose plus la question de la différence qui peut être faite au concours : nous avons tous les mêmes connaissances, plus ou moins la même méthode. Qu'est-ce qui peut bien faire la différence alors ? Encore plus de connaissances ?

En réalité, j'ai vite compris la méthode du bac par exemple : tout dire et montrer qu'on était à l'aise : 15 pages en éco, 15 pages en histoire, 20 dans les deux matières. Et en soi, je sais bien que le bac et les concours n'ont STRICTEMENT rien à voir, mais on ne peut pas non plus décrocher la lune et faire une copie qui restera dans les temps immémoriaux. Qu'est-ce qu'une excellente copie ? Pourquoi le premier intégré à HEC l'a été ? Qu'est-ce qu'il a bien pu mettre dans sa copie d'ESH ou de culture G pour que ce soit si extraordinaire (surtout d'ESH) ?
J'espère que vous aurez compris en gros mon interrogation :-D
Bien à vous, j'attend vos réponses avec IMPATIENCE
datazero
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Re: Comment être exceptionnel dans la banalité d'une dessert

Messagepar Nikita028 » 07/01/2016 01:19

Salut,
Je suis issu d'ECS, donc ma réponse parlera davantage de géopo que d'ESH, mais je vais quand même tenter de développer quelques points.

La méthode est importante. Mais il ne suffit pas de la comprendre, il faut l'intégrer, pouvoir l'appliquer, être à l'aise avec. Présenté comme tu viens de le faire, on peut en effet se dire "la méthode c'est simple, tu fais tant de parties avec tant d'idées et c'est bon, il faut être stupide pour ne pas y arriver". Sauf que la vraie méthode, c'est bien plus que cela. Elle commence dès l'introduction, afin de bien pouvoir cerner un sujet, le définir, le problématiser (ce qui peut être complexe, surtout pour le faire bien, de façon "intelligente"). Ce premier travail sur l'introduction va déjà permettre de faire une première distinction entre les copies, puisque tout le monde n'est pas au même niveau. Par la suite, c'est la cohérence du plan, et le fait qu'il soit approprié, qui vont compter. Il y a beaucoup de plans possibles, avec encore plus de variétés de formulation (qui comptent également). Enfin, les exemples choisis, les idées développées, vont être importantes. En effet, il ne s'agit pas de balancer des idées quelconques, mais d'en choisir qui soient bien adaptées, répondent bien au sujet. Ainsi, c'est la réflexion qui va permettre de faire la différence, sa justesse, sa précision, et non seulement les connaissances.

Toutefois, et tu t'en doutes, les connaissances sont également primordiales pour accomplir ce travail, et choisir les exemples les plus précis. Encore une fois, sur le papier, cela peut paraître simple juste connaître son cours, rien de très compliqué". Or, le problème réside dans la densité de ce cours, la variété des matières, ainsi que le niveau d'approfondissement possible. En effet, le programme couvre (en tout cas en HGG) une surface importante (tout le globe), depuis le 20° siècle, avec beaucoup de phénomènes étudiés, et on peut toujours apprendre davantage de détails, d'exemples. Mais ce n'est pas la seule matière à apprendre, puisqu'il y a toutes les autres en parallèle. Ainsi, c'est celui qui arrivera à acquérir ces connaissances le plus efficacement possible, et en sachant s'arrêter au bon niveau de détail, qui parviendra à augmenter sa note.

Idem en oral, le problème est de ne pas louper d'aspect important du sujet, tout en parvenant a montrer la précision de ses connaissances et de sa réflexion. Le temps raccourci ne facilite pas la chose, au contraire d'un a priori qu'on pourrait avoir, parce que ce qu'il faut se dire n'est pas "super, je pourrais tenir le temps avec des généralités", mais devoir bien les approfondir, en tenant compte de tous les aspects principaux. De même, le temps réduit de la préparation ajoute une difficulté supplémentaire.

Les maths, il y a plusieurs aspects. Premièrement, même s'il peut paraître trivial qu'il est essentiel de connaître son cours, beaucoup d'étudiants ne le maîtrisent pas suffisamment, et peuvent ne pas s'en rendre compte, ce qui va déjà éliminer des concurrents. Deuxièmement, en partie à cause du point précédents, et en partie à cause de mauvaises méthodes, certains n'arriveront pas à reproduire certaines subtilités de certains exos même avec l'entraînement, sachant qu'il faut prendre en compte le point commun avec l'histoire : on n'a pas un temps illimité pour s'entraîner, donc l'efficacité va jouer. Enfin, si tu ne rencontres pas de difficultés sur ces deux points, tu devrais, en tout cas si tu étais en ECS, je ne sais pas si c'est bien différent en ECE, réussir les maths de l'EDHEC et de l'EML (et encore, en EML, la rédaction compte beaucoup, donc il faut aussi maîtriser ce point), et alors vient la troisième étape, celle nécessaire pour réussir les maths des parisiennes. En effet, ici, il ne suffit plus toujours de savoir refaire des exos. Il faut comprendre davantage les maths (en comprenant mal, on peut encore s'en sortir à l'EDHEC et à l'EM). En effet, les exos des parisiennes sont plus subtils, et nécessitent encore plus e connaitre parfaitement son cours, et de le comprendre, pour pouvoir trouver des solutions. Il faut s'être déjà penché sur ce type de problèmes, ce qui t'exerce à ne pas être déboussolé, mais il va aussi falloir davantage improviser, puisque comme ce sont les exos les plus pointus, c'est ceux pour lesquels on a le moins de tps à l'entraînement (puisqu'il faut poser les bases d'abord). L'entraînement permet également d'augmenter la vitesse d'exécution.

CG : même réponse que pour HGG/ESH, avec l'importance de l'intro, du plan, et de la précision. C'est la profondeur de la réflexion qui compte également, qui n'est pas si simple à obtenir.

Conclusion : non, nous n'avons pas exactement les mêmes connaissances, et encore plus important, nous ne les maîtrisons pas tous aussi bien. Idem pour la méthode (et tous les profs ne donnent pas la même, comme tous les profs ne mettent pas forcément en avant les mêmes connaissances). Enfin, nous n'avons pas tous la même profondeur de réflexion, la même précision, nous ne sommes pas tous aussi à l'aise. C'est quelque part comme en contraction : nous n'avons pas tous autant de facilité pour nous exprimer de manière élégante, certains le feront bien mieux que l'autre, et même si en lisant deux écrits différents, presque tout le monde peut dire lequel est le plus élégant, nous ne pouvons pas tous le reproduire. C'est tout cela qui fait la différence.
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