Théories monétaires

Les théories monétaires dans l’antiquité et au Moyen Age : le problème du prêt à intérêt.

Aristote et sa critique de la chrématistique.
St Augustin et l’Eglise qui critiquent le prêt à intérêt .

Les utopistes monétaires

Thomas More, Proudhon, Marx, Silvio Gisell ( aurait influencer Keynes)…
Théorie de disparition de la monnaie (chez Marx mais dans une société d’abondance), du crédit gratuit (chez Gisell et Proudhon), de la monnaie à usage unique (pour éviter l’accumulation)…

Le mercantilisme

Jean Bodin, Thomas Mun, Richard Cantillon.
Bodin est le père fondateur de la théorie quantitative de la monnaie : tous les auteurs qui vont suivre vont s’inscrire dans cette problématique : quels sont les différents effets économique d’une variation de la quantité de monnaie en circulation dans l’économie ?

17ème et 18ème siècle

Locke et son théorème de stricte proportionnalité, ie que si on double la quantité de monnaie, les prix seront multipliés par deux.

Adam Smith

La monnaie n’est qu’un simple bon d’achat qui fluidifie les échanges, fluidité qui ne dépend pas de la quantité de monnaie.

La controverse monétaire autour du Bullion Report

Opposition entre la Banking School et la Currency School à propos des raisons de l’inflation en Angleterre pendant les French Wars.
Ricardo et Thorton (CS) défendent une conception de la monnaie exogène où l’inflation viendrait d’un excès de création monétaire du à l’abandon de la contrainte métallique.

Tooke, Fullarton et Mill (BS) eux défendent une conception endogène de la monnaie ; c’est de la sphère réelle que sont venus les tentations inflationnistes (circuits bloqués pas la guerre, donc manque de matière première, apparition de la rareté…hausse des prix) ; il a donc fallut créer plus de monnaie.
C’est la currency school qui va l’emporter avec la création du Peels Act ou Bank Charter Act en 1844 (mise en place de la couverture métallique à 100%).

Marx une théorie intégrationniste de la monnaie c’est-à-dire non dichotomique

Knut Wicksell, fondateur de l’école suédoise

Néoclassique qui admet qu’il puisse y avoir des effets réels aux variations de la quantité de monnaie. Théorie du cycle où le cycle est expliqué par les variations de la quantité de monnaie du aux variations de crédits.
De plus selon lui, l’investissement s’émancipe de la contrainte d’épargne préalable grâce au crédit.

Ralph Hawtrey

Le cycle expliqué par la création monétaire lorsqu’elle butte sur la contrainte métallique de l’étalon or.

Walras, fondateur de l’école de Lausanne

Reprend l’idée de Say selon laquelle la monnaie n’est pas détenue pour elle-même puisque des produits achètent toujours des produits. Chez Walras, la monnaie est neutre.
« Le franc est le nom de quelque chose qui n’existe pas »

Les néoclassiques orthodoxes : la formulation moderne de la théorie quantitative de la monnaie, Irwin Fisher

Une identité qui fait l’unanimité : MV=PT. Mais ce qui va différer c’est la manière de l’interpréter. Fisher dira que lorsque M varie, ça n’a d’effet que sur le niveau général des prix (P) et aucun sur le volume des transactions (T).
Après la crise de 29, Fisher va devenir un autre Fisher (il n’avait pas du tout anticiper la crise).
Théorie de la déflation par la dette « qui paye ses dettes s’appauvri » : en période de crise il y a une course à la liquidité (pour faire face à l’endettement), il y a donc une intention des ventes plus importante que celle des achats d’où une baisse des prix et donc déflation. Le pouvoir d’achat de la monnaie augmente d’où une revalorisation des dettes. D’où la formule.

Phénomène qui eu lieu lors de la crise de 29.

L’école de Cambridge (Angleterre)

Marshall et Pigou reprennent l’équation quantitative de Fisher pour en faire une équation de demande de monnaie. Md=kPY (d= demande de monnaie, k=la liquidité=1\V)

L’effet Pigou ou d’encaisse réelle

Les néoclassiques vont mettre en place un mécanisme autorégulateur mais au prix de l’abandon de la dichotomie, de la neutralité de la monnaie.

– quand le prix baisse, le pouvoir d’achat des encaisse (argent que l’on a en caisse=liquide) augmente.

– Les agents veulent maintenir constant le pouvoir d’achat de leur encaisse, ils vont donc réduire leur encaisse en consommant d’avantage.

Donc selon cet effet Pigou, il ne faut pas avoir peur de la déflation.

La révolution keynésienne

Tout est dans le titre du livre de Keynes : Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie.
Il va donc lier les grandeurs réelles (l’emploi) et monétaires à travers l’intérêt. L’intérêt est le prix de l’argent, il fluctue en fonction de la demande et de l’offre de monnaie.

Le modèle qui correspond au Keynes de 1936 est le modèle ISLM de Hicks et Hansen. Il s’agit d’une approche intégrationniste (phénomènes monétaires et réels ne sont pas étudiés séparément).

Terme d’ « économie monétaire de production ».
Les 3 + 1 motif de demande de monnaie :

  • pour motif de transaction
  • pour motif de précaution (disposer de monnaie pour une dépense imprévue mais pas imprévisible ou parce que l’échéancier des dépenses ne correspond pas à l’échéancier des dettes)
  • pour motif de spéculation (car l’économie monétaire de production est caractérisée par l’incertitude=risque non probabilisable ; il peut être rationnel de demander la monnaie pour elle-même car il s’agit pour Keynes de l’actif le moins risqué car la monnaie n’est pas négociable sur un marché) = un ajout keynésien non reconnu par les classiques.
  • pour motif de finance

A cause du motif de spéculation, l’économie monétaire de production est instable parce que monétaire.

Keynes passera de la vision exogène de la monnaie (= offre de monnaie discrétionnaire, le banquier centrale peut créer la quantité de monnaie qu’il juge opportun), à une vision endogène (l’offre de monnaie répond à une demande de monnaie venant de la sphère réelle). Dans cette deuxième vision (celle des post-keynésiens), la politique monétaire est d’usage très difficile parce que la banque centrale ne peut dire non aux banques de second rang, donc seule la politique budgétaire serait praticable.

Il peut être utile d’augmenter la masse de monnaie (lorsque les facteurs de production sont sous employés) car cela fait baisser le taux d’intérêt ce qui augmente la profitabilité des entreprises (rendement interne comparé au taux d’intérêt provoque un choix entre investissement et placement financier). De plus d’après les keynésiens, les stocks de capitaux sont complémentaires donc s’il y a investissement, il y’aura embauche. La politique monétaire peut donc être active.

Schumpeter et le circuit ouvert par la monnaie

La dynamique de croissance du capitalisme comme fondée sur le mécanisme de « destruction créatrice » qui vient de l’innovation, venant elle-même de l’entrepreneur dynamique. Cet entrepreneur ne trouve son financement que dans le crédit bancaire (l’épargne étant trop frileuse). L’épargne pourra jouer un rôle au niveau des entreprises imitatrices, suiveuses.

Les entrepreneurs dynamiques, vont donc grâce au financement bancaire détourner les facteurs de production des entrepreneurs routiniers (en embauchant…) au profit de sa propre combinaison productive.

C’est donc la création monétaire qui permet la croissance, l’épargne étant trop frileuse. (même s’il existe aujourd’hui des épargnes de capital risque, mais après le crash de 99, retour à une épargne frileuse ?)

Myrdal et l’école suédoise (= école des années trente, pré keynésienne)

Patinkin : israélien keynésien de la synthèse (très modérément keynésien)

Il dira à l’inverse de Keynes que l’économie monétaire de production est stable parce que monétaire. Il reprendra pour ça l’effet d’encaisse réel de Pigou.

Milton Friedman : le néo quantitativisme

Pour Friedman, la hausse de l’offre de monnaie peut avoir des effets réels à court terme, mais elle n’est active que parce qu’il y a temporairement illusion monétaire de la part des agents, illusion qui va s’évanouir car les anticipations des agents sont adaptatives.
Tant que l’inflation anticipée est différente de l’inflation constatée, il y a illusion monétaire et c’est pour ça que les relances keynésiennes ont un petit effet. Selon cette vision, il donne une autre représentation de la courbe de Philips.

Homo Oeconomicus :

  • en tant qu’entrepreneur, il constate que les prix pour ses produits augmentent, il croit que ça vient d’une augmentation de la demande et il va donc investir et embaucher, mais par le concept du à Phelps de « parabole des îles », il va se rendre compte que tous les prix on augmenté et il va donc arrêter d’investir et d’embaucher.
  • en temps que chômeur, il va croire que les salaires augmentent, il va donc se remettre à travailler (dans un contexte de chômage naturel) mais par le même mécanisme, il va retourner au chômage après avoir constater que l’inflation était généralisée.

Dans les deux cas, il ne reste que de l’inflation.

Conception friedmanienne : le taux de chômage naturel (=le chômage volontaire).

L’idée chez Friedman que l’économie monétaire serait stable si elle n’était pas perturbée par des actions politiques d’offre de monnaie, la demande de monnaie étant stable. Il faut donc soumettre l’offre de monnaie centrale à une règle stricte d’émission égale au montant de l’accroissement du PIB. Friedman = père du constitutionnalisme économique.

Pourquoi demande de monnaie est-elle stable ? Parce qu’elle est fonction d’une fonction stable : le revenu permanent (chez Keynes elle est fonction du revenu courant).

Le monétarisme radical autrichien de Hayek

2 notions : celle de Free Banking et de crise de surcapitalisation avec effet d’accordéon.

Il a une vision non dichotomique mais la monnaie en étant active, est nocive.

Free Banking : Hayek est opposé à un système bancaire hiérarchisé parce que la banque possède un monopole public (de l’émission). Pour lui, les banques doivent se faire concurrence afin que la meilleure monnaie soit sanctionnée par les utilisateurs. Il est pour une dépolitisation de la monnaie parce que l’Etat abuse de son monopole et bénéficie d’un privilège exorbitant : le seigneuriage (valeur de la monnaie supérieur au coût d’émission) ; ce qui favorise l’inflation : un système avec une monnaie publique est nécessairement inflationniste. En effet, en plus de ça, l’Etat est toujours tenté de monétiser sa dette par de la création monétaire à son bénéfice (transfert de l’épargne des agents privés à son profit, c’est parce que les agents dépensent moins que l’Etat peut dépenser plus), l’inflation d’origine étatique correspond à de l’épargne forcée. Les seuls exemples historiques de la mise en place du Free Banking ont conduit à des paniques bancaires.

Les crises de surcapitalisation avec effet d’accordéon : pour lui (à la différence de Keynes) les crises viennent d’un excès d’investissement, ce qui correspond à la « surcapitalisation ». Hayek fait en fait référence à deux théories :

la théorie autrichienne du capital ( Böhm-Bawerk pour qui il y aurait deux moyens pour satisfaire un besoin par une production : soit produire le bien soit produire des biens de production = détour de production)

la théorie Wicksellienne de la différence entre taux monétaire de l’intérêt et taux naturel de l’intérêt (= taux qui assurerait l’égalité entre l’épargne et l’investissement).

Hayek va donc mêler ces deux approches. Quand du fait de la création monétaire, le taux d’intérêt baisse en dessous du taux d’intérêt naturel, le coût du capital emprunté baisse ce qui incite à investir, l’économie va donc pratiquer un détour de production plus long (plus capitalistique), la demande pour les biens de production augmente sans que la demande pour les biens de consommation diminue, et le secteur des biens de production attirant plus de facteurs(car mieux rémunérer, donc inflation sectorielle), il va y avoir insuffisance de production de biens de consommations et donc inflation généralisée. Les prix dans les secteurs de biens de consommation augmentant, les facteurs y retournent. On se retrouve donc par un ajustement par l’inflation à la position initiale (la structure de production s’allonge et revient à sa position initiale d’où « effet d’accordéon »), il ne reste plus que de l’inflation.

Vouloir financer l’investissement par autre chose que de l’épargne est vain et ne peut traduire que un désordre qui conduit à de l’inflation. La crise est donc une crise de surcapitalisation (opposé de Keynes). Préconisation= encourager l’épargne.

Les néo-keynésiens et l’analyse de portefeuille

Tobin, Modigliani, Baumol…
L’idée selon laquelle le principal déterminant des fluctuations économiques est la recomposition par les agents de leur portefeuille d’actifs (les avoirs). Recomposition entre les actifs réels, financiers (placements) ou monétaire (liquide).

Analyse de portefeuille, les néo-keynésiens vont la complexifier en ajoutant les notions d’actifs en capital humain, de différentiations des actifs financiers, et de proche substitut de la monnaie (actif très liquide peu risqué mais n’ayant pas la fonction d’équivalent général) et enfin introduction de la notion de risque. L’agent économique est celui qui cherche à maximiser le rendement de son portefeuille d’actifs. Lors des crises, il y a recomposition brutale vers la qualité (titres emis par des emetteurs surs), la sécurité (vers les obligations), la liquidité.

La monnaie chez les théoriciens du déséquilibre ou des équilibres à prix fixes ou non walrassien.

Clower, Leijonhufvud, Malinvaud.
Pour eux, les prix sont rigides à court terme, il y a quand même des échanges et l’équillibre se fait par les quantités (par du rationnement ou du stockage). Seul le coté court du marché est satisfait. Notion d’effet de report, un déséquilibre sur un marché peut se reporter sur un autre marché. C’est la monnaie qui est à l’origine de ce phénomène de rationnement du coté long des marchés. La loi de Say ne marche pas. « la monnaie achete les biens, les biens achètent de la monnaie, mais jamais des biens n’achètent des biens » Clower. L’existence de la monnaie permet de décomposer l’échange, de le dissocier (dans l’espace et dans le temps).

L’ultra monétarisme de la NEC ou école des anticipations rationnelles (repris à John Muth)

Lucas, Sajon, Wallace, Barro, Kydland, Prescott…
2 hypothèses de comportements des agents:
ils font le meilleur usage rationnel de toutes les informations dont ils disposent

ils prennent leurs décisions en connaissant le fonctionnement de l’ensemble de l’économie.

Par ex, face à une relance keynésienne, ils anticipent l’inflation donc elle n’a aucun effet (même pas d’illusion monétaire). Courbe de Philips verticale.

Faille de cette théorie est que les agents sont vus comme ayant la même vision que celle du modélisateur ; que se passerait il s’ils avaient une vision keynésienne ? Les néo-keynésiens vont montrer que dans ce cas, la relance serait efficace. Empiriquement, cela se vérifie, quand les agents croient au keynésianisme, ça fonctionne, et quand ils n’y croient plus ça ne fonctionne pas.
D’où un nombre important de recherche sur le thème « comment se forment les croyances collectives », elles peuvent même être autant référentielles, chacun croit en fonction de ce qu’il croit que les autres croient.
De plus, pour la NEC, le chômage est naturel donc efficient.

La monnaie est totalement neutre, retour à Say.

Pour eux la politique budgétaire est également inefficace.
Les théoriciens de la NEC, sont les principaux théoriciens de la croissance endogène, le rôle de l’Etat est réhabilité dans le cadre de politiques structurelles de croissance (subvention du capital humain, infrastructure…)

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