La France de la Belle-Epoque : entre dynamisme et stagnation

II. Une société de Belle-Epoque : névrose de fin de siècle ou optimisme d’ouverture du XXè siècle ?

A. Aspects optimistes
1. Consommation populaire

Le marché intérieur, en dépit de l’affaiblissement démographique, est + porteur.

Evolution positive des salaires réels.

Réduction à partir de 1900 des écarts salariaux.
Niveau de vie en hausse, donc consommation populaire en hausse.

2. Marché intérieur qui progresse, s’homogénéise

Soutenu dans les grandes villes par l’essor de Grand Magasins.

Succursales multiples.
Petits commerces qui ont survécu à la Grande Dépression.

3. Limites de la consommation

Pas encore stade de conso de masse. Différence avec les USA qui se nourrit des écarts de productivité.

Taille du marché : 70 millions aux USA contre 39 millions en France. La taille du marché francais est un facteur de moindre rentabilité.

B. Société dominée par de nouvelles classes sociales
1. Domination bourgeoise

Le monde des entrepreneurs s’est complexifié avec la diversification des origines sociales.
Dynasties familiales : Schneider ou de Wendel en Lorraine. Mobilité sociale ascendante (cf. Georg Simmel).

Essor des Grandes Ecoles dont sont issus les entrepreneurs.
Perte de pouvoir par les notables traditionnels. Les Hauts fonctionnaires constituent une classe déclinante.

2. La catégorie des exploitants agricoles

Agriculture moderne de type capitaliste. Intégration de l’agriculture aux exportations.
Coopératives agricoles : Groupe Lafayette et Mac Mahon. Elles sont cpdt peu dvp sauf en région parisienne.
Syndicalisme agricole divisé entre un syndicalisme de droite (Société des Agriculteurs Francais, gros fermiers) et syndicalisme de gauche modéré.
Néanmoins beaucoup de petits propriétaires : 48% des exploitations.

3. France : cas préoccupant dans les liens territoriaux>

En 1913 les villes et les campagnes sont plutôt côte à côté, sans véritable imbrication. La ruralité est cependant dominante jusqu’en 1930. 16 villes dépassent 100 000 habitants, soit 1/7 de la population francaise.

C. Modernité et pessimisme
1. La France entre dans une certaine modernité vis-à-vis de la religion

Affrontement entre Eglise catholique et République gouvernée depuis les Lois Constitutionnelles de 1875 par des anticléricaux. Ils veulent laïciser la France, dans un esprit jacobin et centralisateur.

Les ordinations de prêtres catholiques se ralentissent bcp à partir de 1907. 55 000 prêtres début XXè. Les prêtres sont mal préparés à accueillir la RI. Grosses disparités entre les prêtres des campagnes et les prêtres des villes : en France il y a 12 000 communes de moins de 200 habitants. Clergé régulier (‚clergé séculier : pas de voeux) composé de 30 000 hommes et 130 000 femmes qui appartiennent aux congrégations religieuses.
Cependant grand rayonnement de l’Eglise Fr avec 3/4 des religieux à travers le monde.

Une partie de la bourgeoisie reste fidèle à l’Eglise. Une autre partie est plutôt libérale et anticléricale.
Intellectuels partisans du catholicisme social, né sous Pie IX (1846 | 1878) et qui se développe avec les Cercles Catholiques. Albert de Mun en est l’emblème, monarchiste, patriote.

Les ouvriers sont plutôt indifférents à l’Eglise voire anticléricaux. Influencés par la montée du radicalisme. Dans certaines régions il y a une trop grande collusion entre l’Eglise et le patronat.
Le monde rural est catholique, entretenu par les fêtes religieuses et les fêtes patronales.

Dans le Bassin Parisien déclin de l’Eglise. Oppositions à l’échelle de Paris.
Intellectuels se convertissent au catholicisme : Paul Claudel en 1886.

2. La séparation de l’Eglise et de l’Etat

Gallicanisme : le pape n’a pas le pouvoir de gouverner les Eglises nationales ‚ ultramontanisme
Pour la Belle Epoque, deux papes : Leon XIII (1878 | 1903) et Pie X.

L’ultramontanisme domine en France, s’appuyant sur Concordat signé par Bonaparte en 1801 avec Rome. Leon XIII s’inspire du catholicisme social pour publier son encyclique rerum novarum dans laquelle il prône la création de corporations qui lieraient patrons et ouvriers. Conséquence : essor du syndicalisme chrétien avec la CFDT. Renaissance de la démocratie chrétienne francaise, avec mvt des prêtres démocrates. Le sillon démocrate chrétien est crée par Marc Sangnier.

1886 : laïcisation du personnel des écoles publiques

1904 : dissolution des congrégations

9 décembre 1905 : Séparation de l’Eglise et de l’Etat. Pleine liberté de conscience et de culte, mais on ne subventionne plus un unique culte.

Les protestants forment une communauté de 650 000 personnes, soit 2% de la pop.
Mallet, Neuflize, Hottinger, Peugeot, Schlumberger, Dolfus (Mulhouse) sont des entrepreneurs protestants. Ils se rallient à la Rep car acquise aux droits de l’homme.
Gaston Doumergue (1863 | 1937) est radical, pdt de la Rep de 1924 à 1931 et après le 6 fev. 1934, il devient pdt du Conseil.

Les juifs sont bien intégrés et assimilés. Ils éprouvent de la reconnaissance envers la Rep qui accordé l’égalité.
Durkheim, Bergson, Proust, Rothschild, Lazare, Citroën…

Intérêt pour l’ésotérisme. Ordre de Rose-Croix qui recherche contact divin par l’extase.

3. Pessimisme de la société

Une croissance inégalitaire

Les fruits de la croissance sont mal partagés.

Le travail féminin salarié profite peu de la croissance. Progression du nbre des ouvriers qui passe de 1,5 million en 1875 à + de 2 millions en 1905. Les femmes sont nombreuses dans l’industrie alimentaire, et dans manufactures. A Paris, près de 50% de la main d’oeuvre est féminine : couturières, brodeuses, lingères… Le travail féminin est sous rémunéré et les syndicats le dénoncent car ainsi il entre en concurrence avec celui des hommes.
Conditions de travail très pénibles malgré les progrès. Le repos hebdomadaire n’est accordé qu’en 1906. Les loyers montent car insuffisance de logements.

Renouveau de la lutte des classes dès 1905
Grèves ouvrières se durcissent. Malaise social.

Revendication du calcul du salaire sur temps de travail, d’une meilleure salubrité des conditions de travail. Baisse de la natalité.
La syndicalisation traduit la généralisation d’une conscience de classe.
En 1914 la CGT revendique 700 000 adhérents.

190 grèves en 1890.

1309 en 1906.

Le N minier, les ouvriers du textile sont très touchés. Les violences dans les grèves s’accentuent avec Clemenceau, à partir de 1907, dont l’intransigeance répressive lui vaut le surnom de 1er flic de France.

Pessimisme de la société marqué par une crise des valeurs

La culture dominante est rationaliste, positiviste, favorable au dvpt des sciences (scientiste). La dignité de l’homme réside dans sa raison, donc mépris de la sensibilité et de l’intuition. L’homme n’a plus besoin de religion car la science explique tout.
1898 : P. & M. Curie découvrent le Radium.

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