Si vous avez bien suivi toutes les étapes que nous avons développées jusqu’à présent, vous savez désormais analyser le sujet, le problématiser, trouver un plan et organiser vos idées à travers ce plan. Il vous faut maintenant réussir à exposer à votre correcteur vos idées de manière claire et organisée afin de lui permettre de bien comprendre votre pensée.

Méthode dissertation: bien rédiger sa dissertation


En route pour la – étape 4 : bien sa


Il n’est pas inutile de rappeler que pour vous exprimer clairement, il faut que vos idées soient claires pour vous. Par conséquent, il n’est pas envisageable de commencer à rédiger tant que votre plan détaillé n’est pas complètement rempli. Pour rappel, pour chacune de vos grandes parties, vous devez disposer du tableau suivant avant de commencer la rédaction :

Titre grande partie Titre sous-partie 1 Titre sous-partie 2 Titre sous-partie 3
Paragraphe 1 Idée

Argument autorité = [citation, théorie…]

Exemple

Idée

Argument autorité = [citation, théorie…]

Exemple

Idée

Argument autorité = [citation, théorie…]

Exemple

Paragraphe 2 Idée

Argument autorité = [citation, théorie…]

Exemple

Idée

Argument autorité = [citation, théorie…]

Exemple

Idée

Argument autorité = [citation, théorie…]

Exemple

Paragraphe 3 Idée

Argument autorité = [citation, théorie…]

Exemple

Idée

Argument autorité = [citation, théorie…]

Exemple

Idée

Argument autorité = [citation, théorie…]

Exemple

Mettre en évidence la logique de votre plan

La logique de votre plan doit paraître évidente au correcteur. Pour cela, il vous est fortement conseillé d’indiquer les grands titres de vos parties ainsi que ceux des sous-parties. Ce point fait partie des de présentation et nous y reviendrons plus en détails la semaine prochaine. Au-delà de la présentation, trois éléments sont fondamentaux pour mettre en avant la logique et la rigueur de votre travail : les annonces de plan, les connecteurs logiques et les transitions.

Les annonces de plan

Il vous est conseillé au début de chaque grande partie de rédiger une ou deux phrases résumant ce que vous allez développer dans cette partie et le plan que vous allez suivre. Votre annonce de plan en introduction permet de préciser vos grandes parties, vos annonces de plan au début de chaque partie précisent vos sous-parties.

Les connecteurs logiques

Comme leur nom l’indique, ils permettent de créer des liens logiques entre les éléments. Ceux-ci doivent donc être utilisés sans limitation dans une dissertation. Au minimum, vous devez utiliser un connecteur logique au début de chaque paragraphe. Vous aurez aussi besoin de ces connecteurs pour introduire vos exemples et en appuyer leur intérêt. La difficulté est alors de disposer de suffisamment de connecteurs logiques différents pour éviter les répétitions. Le tableau suivant vous propose un certain nombre de termes :

Pour introduire Tout d’abord, Pour commencer, En introduction, Dans un premier temps, Premièrement Pour ajouter une nouvelle idée et, de plus, en outre, par ailleurs, surtout, puis, d’abord, ensuite, enfin, d’une part, d’autre part, non seulement … mais encore, voire, de surcroît, d’ailleurs, avec, en plus de, outre, quant à, ou, outre que, sans compter que …..
puis, premièrement…, ensuite, d’une part … d’autre part, non seulement … mais encore, avant tout, d’abord …
Pour comparer ou, de même, ainsi, également, à la façon de, à l’image de, contrairement à, conformément à, comme, de même que, ainsi que / aussi … que, autant … que, tel … que, plus … que, plutôt … que, moins … que….. Cause car, parce que, par, grâce à, en effet, en raison de, du fait que, dans la mesure où, à cause de, faute de, puisque, sous prétexte que, d’autant plus que, comme, étant donné que, vu que, non que …
Pour illustrer, donner un exemple Ainsi, comme le montre, comme le prouve, par exemple, c’est ainsi que, comme, c’est le cas de….. Conséquence ainsi, c’est pourquoi que, en conséquence, par suite, de là, dès lors, par conséquent, aussi, de manière à, de façon à, si bien que, de sorte que, tellement que, au point … que, de manière que, de façon que, tant … que, si … que, à tel point que, trop pour que, que, assez pour que ….. Hypothèse, condition si, peut-être, probablement, sans doute, éventuellement, à condition de, avec, en cas de, pour que, suivant que, selon (+ règle de « si »), à supposer que, à moins que, à condition que, en admettant que, pour peu que, au cas où, dans l’hypothèse où, quand bien même, quand même, pourvu que…. But pour, dans le but de, afin de, pour que, afin que, de crainte que, de peur que…..
Explication, renforcement De plus, en complément, c’est-à-dire, en effet, en d’autres termes….. Pour conclure au total, tout compte fait, tout bien considéré, en somme, en conclusion, finalement, somme toute, en peu de mots, à tout prendre, en définitive, après tout, en dernière analyse, en dernier lieu, à la fin, au terme de l’analyse, au fond, pour conclure, en bref, en guise de conclusion….. Restriction, opposition mais, cependant, en revanche, or, toutefois, pourtant, au contraire, néanmoins, malgré, en dépit de, sauf, hormis, excepté, tandis que, pendant que, alors que, tant + adverbe + adjectif + que, tout que, loin que, bien que, quoique, sans que, si … que, quel que + verbe être + non …..
Avis personnel Selon moi, en ce qui me concerne, personnellement, pour ma part, d’après moi, de mon point de vue, vraisemblablement Accord Assurément, sans aucun doute, bien sûr

Pour ceux qui souhaiteraient encore davantage enrichir leur vocabulaire, vous pouvez vous rendre sur les liens suivants :

  • http://www.appuifle.net/gconnect.pdf
  • http://www.bibliotheques.uqam.ca/infosphere/fichiers_communs/module7/connecteurs.html
  • http://www.etudes-litteraires.com/liens-logiques.php

Les transitions

Si les connecteurs logiques vous permettent de mettre en évidence la logique au sein des parties, les transitions permettent au lecteur de comprendre votre progression de partie en partie.

Le principe d’une transition est de résumer la partie qui vient de se terminer, de mettre en avant les réponses qu’elle a apportées avant de mettre le doigt sur les questions encore en suspens qui vont être traitées dans la partie suivante.

Il faut au minimum rédiger une transition entre deux grandes parties mais celles-ci sont également les bienvenues et peuvent être efficaces entre deux sous-parties. Évidemment, vous ne rédigez pas une transition entre la dernière partie et la conclusion.

Vous êtes désormais capables d’utiliser les outils adéquats pour vous exprimer de manière logique et pour faire comprendre votre logique au lecteur, il vous faut désormais vous exprimer dans un style clair pour que le correcteur comprenne votre discours. [Notez au passage l’exemple de transition]

Soigner son style

Chacun a sa propre manière de rédiger. L’objectif des conseils qui vont suivre n’est pas de conduire les étudiants à adopter un style unique qui serait dès lors aseptisé. Au contraire, ils ont pour objectif de vous aider à clarifier au maximum votre style pour exploiter au mieux vos qualités personnelles. Les conseils donnés sont de deux types : ceux relatifs à la construction des phrases et donc à la syntaxe, et ceux relatifs au vocabulaire utilisé, c’est-à-dire au lexique. [Notez l’annonce du plan de la partie]

La syntaxe

  • Privilégier des phrases courtes : l’utilisation de phrases longues risque de conduire à des contre-sens. Méfiez-vous de ne pas écrire au fil de votre pensée, vous risquez de vous retrouver avec des phrases très longues qui ne veulent rien dire. A partir du moment où vos phrases font plus de 15 mots, choisissez plutôt une syntaxe classique sujet / verbe / complément pour en favoriser la compréhension.
  • Dynamiser votre texte en utilisant des verbes d’action : le texte est plus entraînant lorsque le sujet fait directement l’action. Il est donc déconseillé d’utiliser la voix passive ainsi que les tournures telles que « il est possible de dire », « nous pourrions avoir envie de dire » qui donnent l’impression de tourner autour du pot…
  • Éviter les formules pompeuses : ne pas hésiter par exemple à remplacer « vous n’êtes pas sans savoir » par « vous savez » et « mon analyse de la situation est » par « Je pense ».
  • Favoriser les tournures positives : la phrase française est centrée autour du verbe, l’utilisation de tournures négatives nuit à la compréhension. Bannissez les doubles négations !
  • Respectez les modes et les temps : utilisez à bon escient le conditionnel, le subjonctif…
  • Attention aux fautes classiques de syntaxe : « malgré que » n’existe pas, on ne dit pas « pallier à quelque chose » mais « pallier quelque chose »… Les fautes courantes de français feront l’objet d’une série d’articles prochaine…

Le lexique

  • Éviter le jargon ou encore les anglicismes : même si les mots en –isme et –tion sont à la mode et donnent parfois le sentiment d’être très savants, leur multiplication n’est pas forcément gage de meilleures pérégrinations !
  • Utiliser des mots clairs et précis : soyez extrêmement vigilants quant aux sens des mots que vous utilisez, n’hésitez pas à définir les termes techniques. A l’inverse, utilisez au minimum des termes tels que « de nombreux », « beaucoup », « plusieurs », « divers », « quelques » qui donnent un sentiment d’imprécision. Mieux vaut dans ce cas donner des exemples ou des chiffres :
    • il y a eu beaucoup de morts ? COMBIEN ?
    • pour répondre à la crise, le gouvernement a pris diverses mesures ? LESQUELLES ?
  • Définir ses sigles : lorsque vous utilisez des sigles, même si ceux-ci sont très connus, vous devez d’abord les écrire une première fois en toute lettre suivis de l’abréviation entre parenthèses avant de pouvoir utiliser par la suite cette abréviation :
    • Union Européenne (UE)
    • États-Unis (EU)
    • Organisation des Nations Unies (ONU)
  • Éviter les répétitions : au fur et à mesure de vos devoirs d’entraînement, identifiez vos répétitions qui reviennent fréquemment et recherchez des synonymes. Vous pouvez pour cela utiliser le site suivant : http://www.synonymes.com/.

La lecture de l’article de cette semaine vous a donné des pistes pour progresser dans la qualité de vos écrits au niveau de la logique et du style. Cependant, la seule connaissance de ces conseils ne suffira bien évidemment pas, vous allez devoir vous les approprier, identifier ceux qui vous correspondent le mieux et vous entraîner ! Alors à vos stylos !
De mon côté, je vous retrouve la semaine prochaine pour répondre à la dernière question concernant la dissertation : comment présenter clairement son travail ?

3 Commentaires

  1. Un petit problème dans vos conseils : dans une dissertation ,on n’emploie jamais les pronoms de la première personne du singulier : je, me. On utilise les pronoms « nous » ou « on ». Conseil de prof !

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