Le stoïcisme : de l’abnégation en tout

Il faut beaucoup de force morale pour devenir stoïcien. Il faut accepter ce qui découle de la nature et

ne pas se rebeller contre ce qui paraît, à première vue, mauvais.

« Supporte et abstiens-toi ! » telle est la devise des stoïciens. Le stoïcisme est une école

philosophique née en Grèce au IIIe siècle avant JC. Le nom vient du lieu « le portique » (en grec,

Stoa

), où les premiers stoïciens se réunissaient. Le sage stoïcien est celui qui a réalisé le règne

Épictète (50-130 ap. JC)

Épictète pense qu’il faut extirper ses passions.

aucun pouvoir sur ce qui ne dépend pas de lui. « Nos jugements, nos tendances, nos désirs, nos

aversions dépendent de nous, alors que notre corps, notre richesse, la célébrité, le pouvoir, ainsi que

le fait de changer l’ordre naturel des choses n’en dépendent pas » (

faut être indifférent à ces réalités. En désirant ce qui ne dépend pas de moi, je fais mon malheur.

L’homme qui veut le pouvoir désire quelque chose qui ne dépend pas de lui. En effet, c’est toujours

autrui qui me confère un certain pouvoir. Et si je souhaite devenir riche, je ne peux que dépendre

d’autrui, soit parce que je fais du commerce avec lui, soit parce que je le fais travailler, soit encore

parce que je le trompe ou je le flatte. La passion est le pire des maux. Si Aristote conseillait de

modérer l’élan de nos passions, Épictète, beaucoup plus radical, dit qu’il faut les extirper. Les

passions troublent le jugement de ma raison, emportent ma volonté. Je perds dès lors toute liberté et

deviens leur esclave. C’est la pire des servitudes puisqu’elle vient de moi-même.

Pour cet ancien esclave romain, l’homme n’ale Manuel). Pour être heureux, il

Sénèque (4 av. JC-65 ap. JC)

Sénèque estime que la valeur de la vie n’est jamais matérielle.

montre la laideur de la condition humaine lorsqu’elle s’adonne aux vices et aux passions. Il a une

aversion pour la violence et un amour du bien. « Être invulnérable, ce n’est pas n’être pas frappé,

c’est n’être pas blessé » (

longue date ; et quelque diversité que semblent offrir les vies humaines, elles reviennent, dans

l’ensemble, toutes au même » (

sot, au pouvoir » (

Ce stoïcien romain célèbreDe la constance du sage). Il dit aussi : « Nos joies, nos pleurs sont fixés deDe la providence). « La richesse est chez le sage en servitude, chez lela Vie heureuse).

Marc Aurèle (121-180 ap. JC)

Marc Aurèle prône une vie digne et utile au bien commun.

d’Antonin, reprendra à son compte la thèse d’Épictète. Il trouvera dans le stoïcisme le secret de la

lutte contre le découragement (il passa vingt ans sur les champs de bataille). Selon lui, les plaisirs

de la chair ne peuvent pas conduire à la sérénité, car ils sont éphémères. Ils ne me contentent jamais

puisque je dois toujours les renouveler. Devenus habitude, ils me lassent. La vie me paraît alors

sans goût. Je dois sans cesse trouver de nouveaux artifices pour échapper à la monotonie. C’est ainsi

que je suis enchaîné à mes désirs et que je perds ma liberté. « Vivre de la vie la plus belle, notre âme

en elle-même en trouve le pouvoir, pourvu qu’elle reste indifférente aux choses indifférentes »

(

Cet empereur romain, successeurPensées pour moi-même).

Bouddha (566-486 av. JC)

Bouddha a cherché longtemps la délivrance par l’ascétisme.

mêmes aspirations, avec cette réflexion sur l’existence humaine doublée d’une morale prônant

l’ascèse et le détachement. « Notre souffrance permanente est due aux passions, qui nous attachent

aux biens matériels et nous font dépendre de nos désirs et de nos besoins » ( On retrouve dans le bouddhisme lesDiscours).

absolu de la raison en lui. Ce qui implique la suppression de toute imagination, de toute passion et

un dépouillement affectif total. Le fondateur du stoïcisme est Zénon de Citium (vers 335 av. JC).

Mais Épictète, qui vivait très modestement dans une masure, est le plus célèbre. C’est son disciple

Arrien qui recueillit ses paroles.

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