de The BOSS » 04/06/2007 14:02
ça fait réflechir : ''C'est un truc incroyable.
Un jeune diplômé qui débarque à la City de Londres ou à Wall Street et prononce devant les as mondiaux de la finance cette phrase magique : « Je suis “ master El Karoui ” », s'arrache plus qu'un HEC ou un titulaire du prestigieux MBA ( Master in Business Administration ).
« El Karoui » ?
Une marque mondiale depuis que le « Wall Street Journal » a encensé en une - et à sa suite le « Financial Times » - le master « probabilités et finance » de l'université de Paris-VI, que dirige Nicole El Karoui, professeur de probabilités et de mathématiques financières.
Un exemple emblématique des surprises que révèlent les arcanes de l'université française quand on les explore.
D'abord, voici un cursus de pointe inconnu du public et pourtant au niveau des grandes écoles les plus réputées.
Ensuite, ce programme n'est pas là où on pourrait l'attendre.
Ce master qui fascine le gratin de la finance ne relève ni de Dauphine, notre fac de gestion la plus répu- tée, ni des prestigieux IAE ( Institut d'Administration des Entreprises ), mais de Paris-VI - l'université Pierreet-Marie-Curie - alias Jussieu : une fac de sciences pures et dures plus connue pour ses cracks en physique fondamentale.
Parce que la botte secrète du « master El Karoui » n'est ni la gestion ni la finance, mais les maths.
On y forme 90 virtuoses du calcul de probabilités, préparés à devenir des experts des marchés dérivés, ces marchés boursiers à gros risque mais haut rendement.
Les banques du monde entier, JP Morgan, Chase & Co, Deutsche Bank AG, BNP-Paribas, la Société générale... se les arrachent à coups de mails. Et grâce aux bonus ils peuvent débuter à plus de 100 000 euros par an en moyenne, certains montant à 200 000 euros !
La moitié des spécialistes en marchés dérivés de BNP-Paribas à Londres sont des « El Karoui ».
Enfin, ce programme fonctionne en collaboration avec Polytechnique, Normale sup, l'Essec et l'université de Nanterre.
Donc, à haut niveau, le rapprochement universitésgrandes écoles, ça marche et - comme l'affirmait François Goulard, pur produit « grande école », quand il était ministre des Universités - c'est sans doute une des clés de la modernisation de notre enseignement supérieur.
Leçon à retenir : pour dénicher les pépites de l'université qui font flasher les recruteurs, il faut être fouineur et virtuose de la navigation internet. C'est la posture que nous avons adoptée pour enquêter.
En ligne de mire : les programmes qui insèrent le mieux leurs diplômés. Il y a dix ans, les facs nous auraient snobés sur le mode : chez nous, tout est bon. Aujourd'hui elles répondent, preuve qu'elles ont mis en place une culture de l'évaluation.
Pour être sûrs de la véracité des données, nous avons exigé de publier le nom et les coordonnées ( téléphone, mail ) des responsables de filière.
Malgré ces conditions drastiques, 85 % des universités ont répondu, et communiqué plus de 800 descriptifs de programmes parmi lesquels nous en avons sélectionné environ 450, dont on ne peut citer ici, faute de place, qu'une centaine, à titre d'exemples, mais qui sont présentés in extenso sur notre site internet'' ( nouvelobs. com ).