Histoire de préparer le terrain...
Les universités parisiennes se mettent en ordre de bataille pour le grand emprunt
[ 10/02/10 Les Echos ]
Dans le prolongement du plan Campus, huit établissements ont créé hier la première université confédérale parisienne. Point de départ d'une refonte majeure du paysage universitaire de la capitale, avec en ligne de mire le grand emprunt.
Enfin. L'opération Campus avait quelque peu déstabilisé les stratégies d'alliance dans les universités parisiennes. Elle est finalement en train d'accélérer les regroupements, aussi et surtout motivés par les nouvelles perspectives offertes par le grand emprunt : 11 milliards d'euros pour les universités, dont près de 8 non consomptibles dévolus à la constitution de campus d'excellence, assortis de 8 milliards pour la recherche.
C'est ainsi qu'a officiellement été créé hier le premier pôle de recherche et d'enseignement supérieur (PRES) dans Paris intra-muros. Baptisé Université Paris Cité, il réunit huit établissements, parmi lesquels les universités Paris-V et Paris-VII, ou encore Sciences po (lire ci-contre), sous la forme d'un établissement public de coopération scientifique (EPCS). « Dans la compétition mondiale féroce, les PRES sont un moyen de construire une nouvelle visibilité à l'international. Après la constitution de 18 PRES, Paris ne pouvait rester à l'écart », a martelé hier la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Valérie Pécresse a par ailleurs précisé que sur les 700 millions de dotation en capital de l'opération Campus destinés à Paris intra-muros, qu'elle n'avait pas encore attribués, attendant la constitution de PRES, 200 millions iraient à Paris Cité. Dotation qui permettra de financer en partie des projets immobiliers.
Comme pour les autres PRES, les huit établissements travaillent à des projets pédagogiques et scientifiques communs, des formations et des signatures de publications scientifiques communes. « Nous voulons construire une université confédérale de niveau mondial, attirer les meilleurs enseignants et chercheurs dans le monde, dépasser les vieux clivages entre les grandes écoles et les universités. Nous sommes un campus d'excellence ! », a lancé Axel Kahn, président de Paris-V Descartes, assurant que le PRES et ses entités se positionneraient dans les appels d'offres du grand emprunt. L'occasion pour Valérie Pécresse de préciser qu'elle annoncerait « les règles du jeu pour le grand emprunt d'ici quelques jours ».
Emulation dans la capitale
Un élément qui hâte la constitution de deux autres PRES parisiens. Les universités Paris-II, IV et VI, qui ont déjà fondé une association, vont annoncer à la mi-mars la création d'une fondation de coopération scientifique « Sorbonne Universités », qui sera la forme juridique de leur futur PRES. « Nous avons mis un coup d'accélérateur et il y aura des surprises avec une ouverture à des institutions de très grande envergure. Il n'est pas question pour nous de laisser passer la proposition des campus d'excellence », assure Georges Molinié, président de Paris-IV. De son côté, Paris-I, « écarté » du PRES Paris Cité, selon les termes de son président Jean-Claude Colliard, « a cherché à faire autre chose de plus original avec de grands établissements de recherche et de grandes écoles », de l'EHESS, au CNAM, en passant par l'ESCP et l'ENA.
ISABELLE FICEK, Les Echos
Le PRES Paris Cité
Le PRES « Paris Cité » réunit les universités Paris-III Sorbonne nouvelle, Paris-V Descartes, Paris-VII Diderot et Paris-XIII Paris-Nord (membre associé), ainsi que Sciences po, l'Institut physique du globe de Paris, l'Ecole des hautes études en santé publique et l'Institut national des langues et civilisations orientales. Pluridisciplinaire, ses points forts sont la santé, les humanités et les sciences de l'univers. Le pôle compte 120.000 étudiants, 6.700 doctorants, 5.650 enseignants-chercheurs et quelque 2.100 chercheurs. Le budget consolidé des huit établissements qui le composent atteint 1,4 milliard d'euros.