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La prépa école de commerce

Un article sur la fin possible du modèle ESC

Un article sur la fin possible du modèle ESC

Messagepar Dexter » 25/09/2017 12:39

Il y a sur le blog libéral contrepoints (point org) un article d'un prof de l'ESC Grenoble .
Cet article s'appelle "Alerte sur l’enseignement supérieur de gestion français" et je vous laisse le googliser.

Cet article me permet plusieurs commentaires.
1/ Pour Mahuf, je ne lis pas seulement la presse alter mondialiste et Perspectives Economiques, ce qui me permet d'avoir un avis personnel.
2/ Ce prof met en avant les qualités concurrentielles des IAE par rapport aux ESC.
3/ Ce prof reconnait que la majeure partie des augmentations du prix des ESC est engloutie dans les chercheurs étrangers et les classements, et les élèves n'en ont aucun bénéfice, particulièrement pas dans la qualité de l'enseignement pour lequel ils paient.

Les commentaires des commentaires :
1/ C'est amusant que cet article soit pondu par un prof d'une école qui a été l'une des premières à pousser très loin le marketing et la manipulation des critères de classement.
2/ C'est un article dont la presse qui publie les classements est incapable, tant les journalistes sont nuls.
3/ Il y a longtemps que les observateurs avisés préviennent que la course à la recherche en ESC ne mène à rien. Pour rappel, l'origine de cette course est l'importance donnée à la recherche dans le ranking du Financial Times, dont le propriétaire de l'époque était aussi propriétaire des grosses bases de données utilisées en recherche et bien sûr hors de prix. J'ajouterai que cette course a favorisé la recherche quantitative : On obtient l'accès à des données, on jette tout dans un logiciel de stats, on observe les nuages points, on fait un article sur la correllation entre l'age du capitaine et son année de naissance, l'article est publié, ça fait une étoile. <Aparté>Alors qu'il y a quelques chercheurs français à la pointe de la recherche qualitative qui sont bloqués par la médiocrité ambiante et les connivences et qui ne seront jamais prof d'Université.</Aparté>
4/ La démarche de ce prof est totalement à la mode libérale, en ce sens qu'il fait un constat juste, mais que sa conclusion est que ça ne marche pas parce qu'on ne va pas assez loin. Il faut plus d'argent pour faire encore plus de recherche avec plus de chercheurs étrangers (critères des classements).

Un autre point de vue aurait été de poser la question de la pertinence de faire payer des recherches le plus souvent inutiles par des étudiants, et se demander ce qu'ils en tirent comme bénéfices, et s'il n'y a pas une possibilité de remettre en cause les critères des classements, voire l'utilité des classements tels qu'ils sont.

Mais la véritable orthodoxie libérale aurait été de dire que si le système ESC explose, c'est parce qu'il n'est plus assez efficient, et comme les usines il mérite de disparaître.
Il vaut bien mieux laisser faire, voire anticiper sa disparition, et ce qui le remplacera ne peut être que mieux.
Mais c'est le genre d'avis qu'il est plus simple d'avoir lorsqu'on n'est pas concerné. :mrgreen:
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Re: Un article sur la fin possible du modèle ESC

Messagepar watchful » 26/09/2017 18:27

Merci pour cet article qui apporte un éclairage qui nous change un peu de l'autosatisfaction chronique des responsables des business schools françaises.

L'inflation galopante des frais de scolarité est un sujet crucial, trop peu abordé. Certes, les parisiennes apportent à leurs élèves une plus-value sur le marché du travail qui doit leur permettre de justifier de tels tarifs. Mais que dire des autres?

45000€ pour 3 ans à l'EDHEC, 37000€ pour SKEMA (!)...33000 pour l'INSEEC (!!)....où va t-on?

Ajoutons à ces forfaits le logement, les transports et frais de vie et ce sont de véritables fortunes qui sont désormais requises pour décrocher des diplômes de qualité....hétérogène.

De nombreuses formations universitaires (IAE, Dauphine, Magistères etc.) offrent des insertions similaires sur le marché de l'emploi, pour un coût minime (même les récents frais de scolarité de certains cursus de Dauphine sont cadeaux en comparaison). Le différentiel de salaire d'embauche - quand il existe - ne saurait justifier un tel écart de coût, et 2 ou 3 ans après la sortie, les performances individuelles prennent le pas sur le parchemin initial pour déterminer les augmentations de salaire. Bref, il est de plus en plus illusoire de rentabiliser de tels frais pour des masters somme toute quelconques.

Les écoles se justifient en comparant leurs tarifs aux universités américaines mais, comme le dit très bien l'article cité par DEXER, on compare l'incomparable. Les parents américains ne paient pas en parallèle l'université publique, les élèves bénéficient de multiples aides, bourses et exemptions diverses. Enfin et surtout, les prestations offertes sont sans équivalent : la plupart des universités américaines disposent de campus magnifiques, aux infrastructures fantastiques...on sait pourquoi on paie.

Peut-on en dire autant du campus vieillot d'HEC? de l'ESSEC isolée dans un environnement déprimant? du building sans âme de l'ESCP?

Quant aux autres, elles n'ont ni le campus de UCLA...ni sa réputation...

D'ailleurs, la purge a commencé : exit les ESC Chambéry, St Etienne, Compiègne, Amiens, Tours, Poitiers, l'ESLSCA, l'ESG et j'en passe. Ces écoles ont disparu, ou ont changé de cible. Les élèves prêts à se taper deux ans de prépa et à emprunter des dizaines de mille pour ces formations n'étaient, apparemment, plus assez nombreux...

Je ne serais pas surpris qu'une 1/2 douzaine d'autres les suivent sur la même pente ; il suffit de regarder le nombre d'intégrés post prépa, parfois symbolique, les barres d'admissibilité dérisoires, pour comprendre que leur business modèle est à bout de souffle...
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Re: Un article sur la fin possible du modèle ESC

Messagepar albireo » 27/09/2017 21:30

Article intéressant même si beaucoup -les premiers concernés- avaient vu venir le problème depuis un bon bout de temps... ( cf financer-ses-etudes-esc-que-payer-comment-t23309.html )

Pour moi la solution est très simple : ou l'Etat est prêt à investir (ça m'étonnerait et pour être franc j'aime autant qu'on mette du fric ailleurs que dans la recherche en gestion, encore que ce sera toujours mieux que dans les futurs Jeux du Cirque parisien...), ou on arrête de jouer à la grenouille qui veut se faire aussi forte que le boeuf et on cesse la course à la publication, le recrutement de "chercheurs" et les coûts qui vont avec. HEC perdra des places au Financial Times, so what ? 90% des diplômés restent bosser en France à la sortie ! On n'attirera plus "les meilleurs étudiants internationaux" ? So what ? Ils vont déjà aux Etats-Unis. C'est bien beau de vouloir jouer dans la cour des grands comme le PSG, mais si on a pas le Qatar pour financer derrière c'est perdu d'avance - suffit de comparer l'endowment de la Ivy League et celui des écoles françaises.

Cela dit au-delà du problème des ESC il y a bien un problème fondamental avec l'enseignement supérieur. Ou l'on considère que c'est un investissement public sur l'avenir et qu'il est dans l'intérêt général que les plus doués scolairement puissent aller le plus loin possible sans avoir à se préoccuper du financement, ou (vision anglo-saxonne) le diplôme devient un capital personnel que l'on doit donc payer de sa poche (avec tout le risque de dérive financière derrière, cf le montant de la dette étudiante aux Etats-Unis...)

Pour aller même encore plus loin : pour quoi paye-t-on réellement dans l’enseignement supérieur ? En réalité ce n'est pas, ou plus, pour l'enseignement lui-même. Que ce soit un manuel d’ingénierie ou de finance tout le savoir est aujourd’hui en libre accès sur internet. Inutile donc de perdre son temps dans une salle de classe surtout arrivé à un haut degré d'autonomie dans l'apprentissage. Ce qu'on paye en réalité, c'est un "chemin vers l'emploi" et l'insertion sociale - un réseau, un label, une reconnaissance. Le problème est, ce sympathique tampon vaut-il réellement les dizaines de milliers d'euros/dollars facturés aux étudiants ? Ca devient de moins en moins évident quand on y regarde de près - l'inflation du nombre de diplômés n'ayant pas eu pour corollaire l'inflation du nombre de jobs bien payés à la sortie du supérieur. Même la rentabilité d'un cursus en fac française "gratuite" est loin d'être évidente dans beaucoup de filières - parce qu'il y a un coup d'opportunité à étudier 5 ans pour finalement se retrouver avec un job ne nécessitant aucune qualification, et en ayant encore la chance d'avoir un job...

Terrain socialement explosif dont on a pas fini de mesurer les conséquences...
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Re: Un article sur la fin possible du modèle ESC

Messagepar Meh » 09/10/2017 21:00

albireo a écrit:Article intéressant même si beaucoup -les premiers concernés- avaient vu venir le problème depuis un bon bout de temps... ( cf )

Pour moi la solution est très simple : ou l'Etat est prêt à investir (ça m'étonnerait et pour être franc j'aime autant qu'on mette du fric ailleurs que dans la recherche en gestion, encore que ce sera toujours mieux que dans les futurs Jeux du Cirque parisien...), ou on arrête de jouer à la grenouille qui veut se faire aussi forte que le boeuf et on cesse la course à la publication, le recrutement de "chercheurs" et les coûts qui vont avec. HEC perdra des places au Financial Times, so what ? 90% des diplômés restent bosser en France à la sortie ! On n'attirera plus "les meilleurs étudiants internationaux" ? So what ? Ils vont déjà aux Etats-Unis. C'est bien beau de vouloir jouer dans la cour des grands comme le PSG, mais si on a pas le Qatar pour financer derrière c'est perdu d'avance - suffit de comparer l'endowment de la Ivy League et celui des écoles françaises.

Cela dit au-delà du problème des ESC il y a bien un problème fondamental avec l'enseignement supérieur. Ou l'on considère que c'est un investissement public sur l'avenir et qu'il est dans l'intérêt général que les plus doués scolairement puissent aller le plus loin possible sans avoir à se préoccuper du financement, ou (vision anglo-saxonne) le diplôme devient un capital personnel que l'on doit donc payer de sa poche (avec tout le risque de dérive financière derrière, cf le montant de la dette étudiante aux Etats-Unis...)

Pour aller même encore plus loin : pour quoi paye-t-on réellement dans l’enseignement supérieur ? En réalité ce n'est pas, ou plus, pour l'enseignement lui-même. Que ce soit un manuel d’ingénierie ou de finance tout le savoir est aujourd’hui en libre accès sur internet. Inutile donc de perdre son temps dans une salle de classe surtout arrivé à un haut degré d'autonomie dans l'apprentissage. Ce qu'on paye en réalité, c'est un "chemin vers l'emploi" et l'insertion sociale - un réseau, un label, une reconnaissance. Le problème est, ce sympathique tampon vaut-il réellement les dizaines de milliers d'euros/dollars facturés aux étudiants ? Ca devient de moins en moins évident quand on y regarde de près - l'inflation du nombre de diplômés n'ayant pas eu pour corollaire l'inflation du nombre de jobs bien payés à la sortie du supérieur. Même la rentabilité d'un cursus en fac française "gratuite" est loin d'être évidente dans beaucoup de filières - parce qu'il y a un coup d'opportunité à étudier 5 ans pour finalement se retrouver avec un job ne nécessitant aucune qualification, et en ayant encore la chance d'avoir un job...

Terrain socialement explosif dont on a pas fini de mesurer les conséquences...


C'est vrai. Pourtant, on le voit bien que ce sésame ouvre encore de très nombreuses portes. Quoi qu'on en dise, ces écoles (y compris celles ne faisant pas partie du top) réussissent à apporter à leurs étudiants des carrières dont les rémunérations valent très largement les frais de scolarité consentis.

J'arrive à l'âge où mes amis de divers cursus entrent sur le marché du travail, et à l'exception de Paris-Dauphine et de quelques IAE, les formations hors CGE (universités, autres écoles) ont réellement du mal à être rentables. Par exemple, certains M2 dans les sciences de gestion me semblent même être parfois moins rentables qu'un BTS. Terrible...
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