Lauren40180 a écrit:Cassano, même déception que toi ! J'avais classé mes vœux de la même façon, dossier sensiblement identique, internat en premier, provinciale et ... Fille ... Je me retrouve avec mon dixième vœux . Une fille de ma connaissance tournant a 14 de moyenne générale, éleve a Versailles, passablement parents jouant au bridge avec le Directeur, se retrouve interne dans une des plus grandes prepa versaillaises alors quE son lycée a les mêmes stats que mon établissement "provincial" !
Y'a un peu d'abus je crois ...
Ca commence à me gonfler les mecs (et maintenant les filles apparemment) qui prennent la grosse tête avant même de rentrer en prépa.... T'as 18 ans, la vie est dure, tu viens de découvrir que tout n'est pas rose au pays des Bisounours : Kelly, ta voisine qui a une plus grosse voiture que toi, a eu une meilleure prépa que toi parce que sa maman connaît la cousine du beau-frère d'un oncle du mec qui tond la pelouse à Ginette. Whaaaouu. La claque.
Qu'on soit déçu je peux le comprendre, mais vous allez voir que ça va vous faire tout bizarre quand un des branleurs du fond de la classe va avoir HEC les doigts dans le nez après avoir rien foutu pendant deux ans et qu'à cause d'un foirage malencontreux en philo vous n'aurez - ô malheur - que l'EM Lyon ou l'EDHEC, voire, la méga honte, Audencia... Brrrr, ça fait peur... (second degré, je préfère préciser) Si tu trouves que l'admission en prépa est un sommet de l'injustice, fais-toi livrer quatorze caisses de Prozac en juin 2011, parce que tu verras que les résultats d'admissibilité en école c'est pas triste non plus.
Il se trouve que - statistiquement - un élève de terminale qui sort de Carnot ou de Janson est "meilleur" qu'un élève d'un lycée inconnu de province qui a les mêmes notes. J'y peux rien, c'est injuste, ok ok. Tu es le proviseur de Saint-Louis. Tu as une "réputation" à tenir, du chiffre à faire, si tu préfères. Tu fais quarante paris sur l'avenir, tu mises sur la capacité d'amélioration de l'homme, tu fais ton humaniste, tu décides de donner leur chance aux chansons façon Pascal Sevran ? Ou alors tu décides de te faire une classe avec 30 élèves de lycées réputés de Paris (dont tu sais que tu ne seras pas déçu) et 15 élèves de lycées provinciaux solides ?
Rien n'est sûr dans une sélection, y'a des déçus, des pas contents, des chanceux, mais ça sert à rien d'en vouloir à la terre entière. Sinon dans deux ans vous allez faire comme les gens qui dès le jour des admissibilités demandent le numéro de la BCE pour faire relire quatre fois leurs copies parce qu'ils trouvent ça scandaleux d'avoir eu 14 au concours alors qu'une fois dans l'année ils ont eu 15. Si t'es pas content, tu te tais, tu travailles, tu te remets en question, tu cubes, tu recommences, mais tu dis pas que c'est la faute du méchant système.
Et surtout, je trouve ça bizarre de se plaindre quand on a pas fait exactement tout ce que l'on pouvait pour mettre toutes les chances de son côté. Je suis bien conscient que les difficultés financières sont un frein considérable Cassano, mais ne mettre que des voeux avec internat c'est tout simplement DELIRANT. On peut toujours trouver une solution interne-externé, CROUS, bourses de mérite etc etc. Ne me tombe pas dessus parce que je viens d'une prépa privée, j'ai fait deux ans dans une prépa publique avant.
Mais Lauren je trouve ça encore pire : tu as des appréciations plus que limites sur tes bulletins (sur un bulletin de bon élève, tous les profs savent ce que "bavardages incessants" veut dire : ça signifie : "ok elle a le niveau, elle se débrouille bien, mais qu'est-ce qu'elle m'emm... pendant les cours"). Donc après ne viens pas te plaindre si Ginette, qui est quand même réputée pour sa discipline, te refuse. Et je pense que tu devrais un peu te remettre en question : c'est pas en criant à l'injustice que tu en tireras des leçons. Quand on veut faire une filière sélective, qui trie sur les bulletins, on s'arrange pour ne pas avoir de bulletins dans ce genre en première-terminale.
Et puis arrêtez de penser qu'on ne peut pas réussir en province : la motivation et le travail ça influe autant sinon plus que la prépa d'origine. Pendant mes oraux, à Lyon surtout, j'ai été frappé du nombre de gens qui venaient de prépas "inconnues" et qui s'en sont très bien sortis.