BeM / Euromed + ESC Pau : retour sur la fusion des écoles du grand sud

Bernard Belletante, directeur général d'Euromed Management


Bernard Belletante, directeur général d'


Euromed Management et BEM ont annoncé leur fusion au début de l’année. Pour plus d’informations concernant ce rapprochement nous vous conseillons cette interview d’Educ-Pro

Un nouveau rapprochement avec l’ a été validé par l’AG de la CCI Pau Béarn, le 2 mai 2012 et entérinée par l’AG de la CCI de Bordeaux, présidée par Pierre GOGUET en présence de Patrick de STAMPA, Président de la CCI de Pau Béarn, le 15 mai 2012.
Prochaine étape , inscrire ce rapprochement dans la dynamique d’alliance BeM et Euromed Management. De quoi changer radicalement l’environnement des business schools.

Le directeur général d’Euromed Management revient sur les raisons de la fusion avec Bordeaux Ecole de Management (BeM) que l’ESC Pau a récemment rejoint.

Pourquoi fusionner  l’ESC Pau (26ème dans notre classement) avec BEM (12ème) et Euromed Management (11ème), la différence académique n’est elle pas trop importante ?

Quand vous faîtes référence au de BeM, Euromed Management et de l’ESC Pau, vous vous appuyez sur le classement programme Grande Ecole / Classes Préparatoires.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’aujourd’hui l’activité de nos business schools ne se résume pas aux programmes Grande Ecole / Classes préparatoires. Ces derniers constituent une dimension identitaire forte, mais la qualité d’une Ecole ne doit plus se mesurer que par eux. Ainsi, le programme Grande Ecole d’Euromed Management bénéficie de la qualité de notre programme EMBA. Ce dernier est classé au 61eme rang mondial par le Financial Times, et Euromed Management est classé 35eme école européenne par le FT, alors que le groupe est 50eme, Audencia Nantes et Rouen Business School  sont 51eme (http://rankings.ft.com/businessschoolrankings/european-business-school-rankings-2011).

L’Esc Pau est donc à considérer comme un potentiel de programmes, de formation initiale et continue, dans une région économique fortement industrialisée. Ce sera aux nouveaux dirigeants du nouveau groupe d’être capable de tirer toute la synergie possible.

Cela est faisable et nous savons faire. Ainsi, quand Euromed Management a absorbé l’ESCT de Toulon et l’EID, ces écoles n’étaient pas classées et nous en avons fait deux pointsde différenciation du Groupe Euromed. Combien d’écoles de management peuvent bénéficier d’une école de design ?

Y-aura-t-il fusion des programmes Grande Ecole ? Concrètement que marquera sur son CV un étudiant qui intégrera le programme Grande Ecole de Pau cette année et sortira donc dans 3 ans ?

Il ne peut pas y avoir fusion des programmes Grande Ecole pour les promotions passées, en cours et celle entrant cette année. C’est impossible juridiquement et ce serait stupide sur le plan pédagogique vu la différence des barres d’admissibilité entre Euromed Management/BeM et l’ESC Pau.
Un étudiant qui intègrera l’ESC Pau cette année marquera sur son CV dans trois ans « diplômé du programme GE ESC Pau ».

J’ai eu l’occasion de pratiquer à plusieurs reprises des changements d’identité : le passage du Groupe ESC Lyon à E.M.LYON, celui de Groupe ESC Marseille-Provence à Euromed Management (avec une phase intermédiaire Euromed Marseille).

Quelqu’un qui a été diplômé en 1978 de l’ESC Marseille marque sur son CV « Descaf ESC Marseille », diplôme délivré à l’époque par le groupe des ESCAE. La personne diplômée en 2011 marque sur son CV « Diplôme ESC Euromed Management ». Rien n’empêche le diplômé de 1978 d’indiquer entre parenthèses « actuellement Euromed Management ». Mais les employeurs ne s’y trompent pas, ils connaissent bien les histoires des Ecoles. Ceci dit, après 10 ans de vie professionnelle, il y a des HEC ou Essec qui s’effondrent et des qui créent le groupe Coyote. Le diplôme s’efface toujours derrière la dynamique personnelle individuelle. Et l’histoire de Grandes Ecoles françaises montre que c’est un de nos points forts : nous ne fabriquons pas des diplômés, nous développons des compétences.

Dernier point de votre question, à l’horizon rentrée 2013, au plus tard 2014, il y aura un seul programme Grande Ecole dans le nouveau groupe, recrutant avec, au moins, le niveau de sélectivité actuel BeM/Euromed Management.

Concernant la fusion de BEM et d’Euromed Management : Philip McLaughlin expliquait dans un article d’Educ-Pro le 19 janvier  « Mais ce qui est sur, c’est qu’il y aura un diplôme unique pour les deux campus. Et un seul nom d’école !  » puis le 15 Mai « Ils auront le diplôme de leur école. Si la fusion sera effective en 2013, les diplômes resteront spécifiques à chaque site. » Qu’en sera-t-il exactement ? 

Je réponds en partie à votre question dans ma réponse précédente.
Aujourd’hui, ma vision stratégique est d’aboutir à un seul programme Grande Ecole, et au niveau de sélectivité minimal de BeM et Euromed Management aujourd’hui, en particulier sur le concours Classe Préparatoire (actuellement les barres d’admissibilité sont très proches : 0,05 d’écart). Nous n’aurons pas plusieurs programmes Grande Ecole, cela serait nier l’accroissement de l’expertise et des opportunités que la fusion BeM / Euromed Management offre aux étudiants. Nous multiplierons les parcours croisés, cela commence d’ailleurs dès septembre 2012, que ce soit en France ou à l’étranger.

Une des conséquences de cette vision est qu’effectivement, il ne pourra pas y avoir de recrutement dans le nouveau groupe sur la base de la barre d’admissibilité actuelle de l’ESC Pau. Le nouveau Groupe doit pouvoir recruter sur un niveau de barre quasi identique et il apparaît clairement qu’il sera possible de développer à Pau des spécialisations du programme Grande Ecole en lien avec les points forts du territoire ou avec le savoir-faire de cette Ecole (par exemple un parcours Inde), ou en lien avec des parcours professionnels dans le cadre de la Valorisation des Acquis par l’EXperience.

Quel est à terme l’objectif en terme de sélectivité du groupe fusionné Euromed/Bem ? Le groupe va t-il poursuivre une stratégie de course à la taille critique ?

Ma réponse à la question précédente montre que nous devons avoir une politique strictement homogène de recrutement, et offrir par nos campus une diversification unique en Europe, garantissant la même qualité. Je serai extrêmement vigilant sur ce point, mes équipes et moi-même avons beaucoup travaillé depuis 10 ans pour construire la crédibilité académique d’Euromed Management. Elle ne sera pas remise en cause. Cette position est totalement partagée par BeM.

La sélectivité du nouveau groupe doit continuer à progresser et sur la totalité de ses programmes. Cet accroissement de la sélectivité sera un des signes de la réussite du nouveau groupe. La puissance académique, internationale et professionalisante de ce nouveau groupeattirera de plus en plus d’étudiants, ayant un potentiel de réussite plus élevé. Notez que je ne fais pas simplement référence au niveau académique des étudiants, mais aussi à leur comportement individuel. Toute la personnalité d’un individu ne peut pas se résumer dans une moyenne, obtenue sur des épreuves qui se sont déroulées pendant trois jours.

Quelles plus-values apportera cette fusion aux futurs diplômés d’Euromed Management ? aux diplômés ? 

La fusion BeM / Euromed Management résulte d’un constat simple : la mondialisation de l’économie implique une mondialisation de la formation au management.

Le nouveau Groupe proposera à ses futurs étudiants :
          une plus grande diversité d’expertise par l’accroissement du nombre de professeurs,
–          plus de professeurs internationaux de grande qualité, intéressés par la dimension multicampus,
–          une meilleure internationalisation du « student body » (recrutement sur les campus étrangers, plus de possibilités d’échange),
–          une meilleure internationalisation des partenariats avec les entreprises,
–          des investissements plus conséquents permettant un accès à des pédagogies innovantes,
–          le regroupement de plus de 30 000 diplômés dans le Monde, déjà implanté dans une vingtaine de pays,
–          la notoriété d’un groupe mondial d’éducation au management.

En conclusion, une fusion telle que celle que nous développons permettra de réelles économies d’envergure, c’est-à-dire la possibilité de réaliser des investissements à un niveau inatteignable pour une seule école.

Euromed Management et BEM sont accrédités , EQUIS et AMBA contrairement à l’ESC Pau. Ces accréditations ne risquent elles pas d’être remises en cause ?

Le risque sur les accréditations est réel, et ce à deux niveaux :
–                          BeM et Euromed Management pourraient ne pas réussir ensemble à convaincre les experts internationaux,
–                          Pau accroît le risque de non-, car l’Ecole ne répond pas aux standards internationaux.

Je réponds à ce risque en trois temps :
–                          ne rien faire ne signifie pas que les accréditations sont garanties. La liste des écoles qui perdent leur accréditation Equis s’allonge. Elles ne sont pas devenues plus mauvaises qu’avant, elles n’ont tout simplement pas su faire face à l’accroissement des exigences, en particulier celles qui liées à la mondialisation.
–                          Quand Euromed Management a absorbé l’ESCT et l’Ecole Iinternationale de Design de Toulon,ces deux structures étaient très loin des standards internationaux. Accompagné de mes équipes, j’ai réussi à restructurer qualitativement ces écoles, à montrer l’enrichissement qu’elles apportaient à l’ensemble de la communauté euromédienne. Et c’est avec ces deux structures que nous avons gagné notre triple couronne.
–                          La fusion BeM / Euromed Management a pour objectif clair (cf. ci-dessus) de conserver dans le Sud de l’Europe un des meilleurs groupes mondiaux triplement accrédité. Il n’est pas envisageable que l’arrivée de Pau puisse affaiblir cet objectif. Ce ne sera pas le cas : l’expérience de Toulon montre que nous savons très bien faire. Nous le referons, et plus facilement puisque l’ESC Pau a l’expérience de Epas. Nous pouvons également développer des accréditations professionnelles significatives.

Vous êtes Président du Chapitre des écoles de management et souvent au contact de vos confrères, quelles sont leurs réactions ?
(question relative à votre article « Eloge de la fusion » sur votre blog ou encore la réaction de François Duverger qui se dit « déçu » par ce « mauvais coup » concernant l’ESC Pau)

J’ai beaucoup de respect pour le travail que font mes collègues. Vous ne trouverez nulle part des propos méprisants ou irrévérencieux de ma part sur leurs activités. Non seulement parce que je suis président du Chapitres des Grandes Ecoles de Management, mais simplement par pure éthique. Nous sommes dans un milieu extrêmement concurrentiel, et avec une formidable distorsion concurrentielle puisque notre principal concurrent, financé par l’impôt, procure gratuitement la délivrance d’un diplôme.

Je suis donc très respectueux des choix stratégiques de mes collègues et je ne les regarde jamais d’un œil amusé. Et la très grande majorité ont la même attitude. Avec ceux dont je suis proche, cela nous conduit à de fréquentes discussions. F. Duvergé, qui est un ami, m’avait présenté depuis longtemps son projet France Business School. Nous avons échangé dessus et j’ai gardé l’information secrète. Je comprends qu’apprendre à trois jours de la signature finale qu’un partenaire ne vient pas soit extrêmement décevant.

La banque d’épreuve  (, Tremplin 1, tremplin 2…) résistera-t-elle aux multiples fusions ?

Absolument. Ecricome est une structure qui apporte beaucoup à ses membres :
–                          banque d’épreuves pour le Programme Grande Ecole de ses membres, qui développe un concours simple et homogène.
–                          Banque d’épreuves pour les programmes bachelors avec Ecricome Bachelor, avec la meilleure performance cette années sur le portail ,
–                          Ecricome a lancé un programme PhD international, permettant à ses membres d’avoir une activité de recherche internatioanle et de former de futurs enseignants-docteurs en sciences de gestion
–                          Ecricome est aussi un lieu d’échange de bonnes pratiques, et nous mutualisons plusieurs activités.

La conférence de presse initialement prévue le 22 mai a été reporté à une date ultérieure, quand aura t elle lieu ? Les oraux des concours approchant cela ne risque-t-il pas de les perturber ?

La conférence de presse du 22 a été annulée pour les raisons suivantes :
–                          concurrence avec France Business School, accentuée par le départ de l’ESC Pau,
–                          nécessité de mieux intégrer l’ESC Pau dans la stratégie pédagogique,
–                          le travail sur la marque du nouveau groupe n’est pas complètement terminé, le logo est à retravailler.

Quelles perturbations pour les concours en ce qui concerne Euromed Management ? A mon avis, très peu, car nous avons plusieurs éléments de grande satisfaction et de stabilisation :
–                          arrivée de nouveaux dirigeants : PG Hourquet, précédemment membre du comité de direction de l’Edhec ; Hervé Gasiglia, précédemment DGa de l’ESC Toulouse,
–                          arrivée de nouveaux professeurs internationaux, comme le professeur Stefano Pace, qui vient de Bocconi ou le professeur chinois Kai Lo, qui vient de l’université de Toronto,
–                          une reconnaissance unanimede notre savoir faire en RSE,
–                          pour la 1ere fois nous abordons les concours avec la triple accréditation (AACSB a été confirmée fin juillet 2011). Il faut savoir qu’AMBA vient de ré-accréditer nos MBA et d’accréditer le programme Grande Ecole.
–                          un projet de fusion qui propulsera notre Ecole parmi les meilleures mondiales.

Il n’y a pas de quoi perturber les oraux.

 

Des investissements à venir

5 000 étudiants à BEM dès la rentrée 2014

La CCI de Bordeaux a engagé 40 Millions d’euros pour agrandir son école (bâtiment double de quelques 15 000 m²). Objectif passer à 5 000 étudiants dès la rentrée 2014.

600 étudiants à Biarritz dès la rentrée 2015 qui s’ajoutent aux 1 467 étudiants présents sur le campus de Pau

La CCI de Pau engage 20 Millions d’euros d’investissements (bâtiment de quelques 7 000 m2) pour renforcer son ancrage territorial, sa notoriété internationale et ses partenariats importants avec l’Espagne.

2 Commentaires

  1. Bonjour,

    Le Directeur Général d’Euromed prend, et c’est de bonne guerre, les classements qui l’arrangent.En effet, le seul classement Financial Times qui vaille au niveau du Programme Grande Ecole est celui des « Masters in Management »: http://rankings.ft.com/businessschoolrankings/masters-in-management-2011, Le programme Grande Ecole d’Euromed y est en réalité classé 30ème, celui de Toulouse est 20ème, et celui d’Audencia est 21ème.Bien que je ne remette pas en cause la qualité d’Euromed, je déplore tout de même que son Directeur manipule autant les chiffres… 

  2. Bonjour,
    En tant qu’étudiant de L’ESC Pau je souhaite la bienvenue à tous les étudiants de BEM et EUROMED qui rejoignent notre grande école.

    On va faire du très bien travail. 

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