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Interview d' Elisabeth Laville - Campus ResponsablesInterview d' Elisabeth Laville - Campus Responsables
Comment est née l'idée de Campus Responsables ?C'est l'agence Graines de Changement, une agence d'information positive qui est à l'origine de Campus Responsables. Quels sont les engagements à respecter pour les écoles souhaitant adhérer à Campus Responsables ?L'engagement à Campus Responsables prend la forme d'une cotisation de 1000 euros par an et oblige à respecter une charte en sept points :
Actuellement 7 établissements ont adhéré au projet, et signé la Charte, il s'agit d'HEC, l'ESCP-EAP, Euromed Marseille, Bordeaux Ecole de Management, le Groupe HEMA, l'Université de technologie de Troyes et l'ESCEM Tours Poitiers. Qui peut rejoindre votre action ?Tous les établissements d'enseignement supérieur peuvent rejoindre la campagne Campus Responsables : Universités, Ecole d'ingénieurs ou de commerce, IUT….. Quel rôle comptez-vous jouer ? Devenir un critère de sélection dans le choix d'une formation ?Notre rôle est d'exercer une pression amicale sur nos établissements membres afin qu'ils intègrent le développement durable dans tous les enseignements et dans la gestion de leurs établissements. Également, nous souhaitons soutenir les associations étudiantes de plus en plus nombreuses sur ces sujets (ex. HECosystème à HEC, Fac Verte dans les universités, etc.) dans leur démarche pour convaincre leur administration d'engager la démarche et commencer à la mettre en œuvre (outils d'autodiagnostic, etc.). Les écoles peuvent-elles jouer un véritable rôle en matière de développement durable ?Le développement durable est le défi majeur de nos sociétés et l'éducation est sans doute la démarche la plus appropriée pour modifier nos comportements dans ce sens. Plus précisément, la formation des futurs professionnels, et notamment de ceux qui seront demain aux manettes des entreprises est un enjeu essentiel. Campus Responsables est-elle comparable à d'autres actions à l'étranger ? Prévoyez-vous des accords internationaux ?Des initiatives similaires sont effectivement présentes à l'étranger mais elles sont sans commune mesure avec la notre. En effet, ces initiatives rassemblent beaucoup plus d'établissements membres. Les Etats-Unis et le Canada sont particulièrement actifs dans les politiques de développement durable. La France est-elle en retard dans ce domaine ?Si beaucoup d'écoles de commerce ou d'ingénieurs et d'universités en France proposent des formations (souvent optionnelles) sur le sujet… peu se sont engagées dans une vraie démarche de fond sur le développement durable. Au niveau international, un engagement collectif pour le développement durable, la Déclaration de Talloires, a même été signé en 1990 par plus de 300 Directeurs d'Universités et de Grandes Ecoles du monde entier …mais par deux établissements français seulement, alors qu'elle a été élaborée en France ! Par contraste, aux Etats-Unis mais aussi en Angleterre, à Hong-Kong ou en Australie , la plupart des universités, y compris les plus prestigieuses comme Harvard ou Berkeley, ont des programmes ambitieux et structurés d'économies d'énergie ou de papier, de construction écologique de leurs bâtiments, de restauration saine et respectueuse de l'environnement, de reporting social et environnemental, etc. La France est donc en retard mais les choses commencent à bouger, notamment du fait des associations étudiantes et de campagnes de terrain comme Solar Generation (Greenpeace). C'est pour amplifier et systématiser ce mouvement en engageant les administrations des établissements qu'a été lancée la campagne « Campus Responsables », parce qu'il en est des campus comme des entreprises : l'engagement des dirigeants est un facteur-clef de succès des démarches de développement durable. Madame Laville, je vous remercie.
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