Depuis plusieurs années maintenant, des voix de plus en plus nombreuses s’interrogent sur la gestion du développement des Ecoles Supérieure de Commerce () sur le territoire français.
Nées des volontés des Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) de se doter de centres de formation locaux en commerce et gestion, les ESC (Ecole Supérieure de Commerce), autrefois appelées ESCAE (Ecole Supérieure de Commerce et d’Administration d’Entreprise) et de plus en plus renommées EM (Ecole de Management), se sont développées depuis la fin du XIXème siècle pour les plus anciennes (ESCP, ESC Toulouse, ESC Montpellier), puis vers le milieu du XXème siècle (ESC Pau), jusqu’aux années 1980 pour le plus récentes (ESC Rennes, ESC Grenoble).

Aujourd’hui on dénombre une quarantaine d’écoles consulaires (administrées par les CCI et appartenant à la Conférence des Grandes Ecoles) et plusieurs centaines d’écoles privées, connues, inconnues, reconnues ou non. A ce dispositif déjà massif, s’ajoutent bien sur les Universités de gestion, les IAE (Instituts d’Administration d’Entreprises), les IUT, les BTS, etc.Les Ecoles Supérieures de Commerce, qui a l’origine répondaient à des logiques de développement de certains territoires, aujourd’hui participent à la dissemination de l’offre en management sur le territoire français avec des établissements souvent de très petite taille, avec des moyens limités qui ne font plus face efficacement à l’offre de formation desormais internationale des établissements anglo-saxos et asiatiques.

Alors que l’Université, avec la création des PRES, tente de s’organiser pour rationaliser ses efforts et développer des formations d’excellence (nationale et internationale), beaucoup d’ESC restent attachées à une autonome de développement (limité) local. Les besoins de plus en plus fort en recherche, professeurs de haut niveau, accréditations internationales sont par conséquent de moins en moins accessibles à ces établissements et peuvent appauvrir progressivement le rôle de ces établissements.

Certains établissements tentent de s’organiser: l’ICN Nancy qui s’est allié à l’ESIDEC, l’ESCEM (fusion ESC Tours – ESC Poitiers), SKEMA (qui regroupent l’ESC Lille et le Ceram), la fusion ESC Caen – ESC Le Havre ou plus anciennement la fusion ESCP – EAP ont permis incontestablement à ces écoles d’accroitre leurs moyens et de rester performants dans leur rôle d’excellence dans l’enseignement Français en Management. D’autres fusions discutées régulièrement paraissent également faire sens (ESC Pau / EM Bordeaux ou ESC Rennes / ESC Brest Bretagne) afin que ces écoles restent les pépinières d’excellence des managers français qu’elles ont été jusqu’à présent. Dans ces deux derniers cas, il parait en effet de moins en moins cohérent que plusieurs établissements distants de seulement quelques kilomètres (ESC Pau, EM Bordeaux, ESC Toulouse d’une part, ESC Rennes, ESC Brest d’autre part) continuent à délivrer indifféremment des diplômes équivalents sans rationaliser leurs moyens et offres. Ceci dans un contexte de concurrence accrue des établissements universitaires (IAE Pau, IAE Rennes), de réforme des réseaux consulaires/des collectivités territoriales et des besoins de plus en plus forts en financement (accréditations AACSB, EQUIS, grade master). Certains accords/fusions ont eu lieu ou auront également lieu dans les années à venir avec des établissements Européens ou internationaux. Il en va de la survie des établissements français au niveau international et du maintien de leur rôle d’établissement d’excellence au niveau local !

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